Les sons des gestes de Thierry De Mey ouvrent Manifeste 16

3 juin 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

Manifeste est un festival pointu qui mêle les musiques contemporaines et la danse. L’alliance entre l’Ircam et Beaubourg fonctionne à merveille. En ouverture, hier soir, Simplexity, La Beauté du Geste, a surtout vu la naissance d’un chorégraphe, Thierry de Mey, l’homme de l’ombre d’Anne Teresa de Keersmaeker.

Un plateau dont les bords sont pleins d’instruments : percussions, claviers, harpes… Un grand cadre en tissu pose le fond de scène.  Les danseurs, ou les musiciens,  apparaissent sur des cadres lumineux au sol. On entre ici par le souffle, une respiration. Ces « Light windows » sont un appel à l’écoute. Le geste se niche dans la grammaire de Carolyn Carlson, fait de lenteurs, de langueurs et de méditations. La posture cherche à s’ancrer. Progressivement, les danseurs, tous armés d’une technique rigoureuse vont devenir le partenaire d’un instrument, ils dansent, sans mime, ni esbroufe, dans une radicalité mathématique. Ils ne deviennent pas la clarinette ou l’alto mais bien la traduction corporelle des aigus et des graves, dans une prise en compte parfaite de toute l’ampleur du son.

Thierry De Mey n’est pas chorégraphe, en tout cas, il ne l’était pas jusqu’à hier. Il a donc pensé son spectacle comme un compositeur ayant comme note les corps des danseurs, les instruments, et les « RIM »  (Réalisateur en Informatique Musicale), en essayant d’équilibrer les improvisations et les phrases très écrites.

L’une des forces du spectacle est de redonner à la musique tout son corps. Dans un travail proche de celui d’Anne Teresa de Keersmaeker, que Thierry de Mey connait parfaitement pour avoir été son compagnon de route pendant des années. Il fut notamment l’œil extérieur du fondateur Fase, pièce qui permis à la danse d’évoluer vers une raideur toute en beauté pure.

Simplexity se perçoit  comme une partition, avec son climax tout en mordoré, à la violence épuisante, qui vient dire que la musique est aussi une addiction, qui s »écoute jusqu’au débordement. De Mey essore ses danseurs, les rend pantin des notes, et c’est simplement beau.

Manifeste continue jusqu’au 2 juillet avec notamment une piece de Hauert les 3 et 4 juin à 21H au Festival June Events.

Visuel : © IRCAM

 


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