Le temps accéléré de Rachid Ouramdane

15 février 2016 Par Araso | 0 commentaires

Le Théâtre de la Ville propose de revoir pour trois dates Tenir le temps, une création de 2015 de Rachid Ouramdane, artiste associé. Un spectacle qui joue la carte du plaisir esthétique tout en accumulations de corps et de gestes harmonieux

Note de la rédaction :

Imaginez seize danseurs jetés sur un plateau, en proie à un compte à rebours infernal et voyez ce qu’il en ressort. Tenir: tel est le défi lancé par Rachid Ouramdane à ses interprètes. Tenir le souffle, tenir la distance, réaliser une performance physique. Une ronde est lancée dans une course effrénée autour d’un centre de gravité imaginaire qui n’est pas sans rappeler les grands mouvements de groupe concentriques dans Celui qui Tombe de Yoann Bourgeois, codirecteur avec Rachid Ouramdane du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis le 1er Janvier 2016.

Sur la musique de Jean-Baptiste Julien tout en harmonies saccadées et piano forte très forte, on voit des corps en transe, courant, s’arrêtant, s’étreignant, se séparant. Tout est fait pour le beau, la tension des corps est en réalité prétexte à la fluidité et l’exhibition des muscles bandant dans des tenues en camaïeu de vert olive. Que l’on ne s’y trompe pas: dans cette accumulation de corps, de gestes, de vitesses, de géométries variables mais toujours parfaitement symétriques, on trouve de très jolis portés et des chassés-croisés calés au millimètre près. Jamais on n’a vu de gestion de crise aussi gracieuse. 

On l’aura compris, « Tenir le temps » est un exercice formel. Pour ne pas faire juste un joli tableau, Rachid Ouramdane s’impose des contraintes, un fil conducteur, ici, le temps déréglé. Un spectacle très accessible qui respecte tous les codes du ballet moderne et ne manquera pas de ravir les esthètes en mal de communion.

Visuel © Patrick Imbert


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