Le good « Job » de Lucie Augeai et David Gernez aux Hivernales

14 février 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

A Avignon, on y danse, on y danse, pas seulement sur le pont, et pas seulement en juillet.  Du 3 au 20 février Les Hivernales permettent de jeter un œil à la fois sur la jeune création et sur les grandes filiations. Hier, Lucie Augeai et David Gernez présentaient leur création Job. Le mot est à entendre de façon anglaise et non biblique. Quoi que… le travail est une injonction divine non ?

A la première image, celle de cette troupe de 7 danseurs ( chorégraphes compris) venant saluer un pas un, inlassablement, au cœur de cet espace blanc ponctué de part et d’autres de portants sur lesquels des costumes sont pressés d’être mis en mouvement, des références viennent : Platel,Bel, Pina… Il y a déjà là, dans cette première image, de l’humour, de la théâtralité et une présence au plateau forte. Mais de quel « job » parlent-ils ces chorégraphes encore inconnus ?

Leur taf, c’est la danse, leur danse, leur échauffement, leurs blessures, les concurrences, leurs impossibilités à se mouvoir, leurs pas de de deux, leurs solos, leur autorité… Pour ce faire, le spectacle se pense quasiment comme une série de punchlines. Les saynètes s’enchaînent, cherchant souvent le rire. La chorégraphie est volontairement simple, faites de balancés de hanches, de sauts, de courses. Les portés sont rares tout comme les complexités. ici seule l’endurance compte, et on pense aux rebonds fous et délicieusement obsessionnels de Jan Martens qui récemment épuisait ses danseurs au Théâtre de la Ville. Le point commun est dans le rythme fou, c’est tout, car, dans Job, il n’y a aucune notion de jeu du cirque. Augeai et Gernez ne cherchent pas l’épuisement. Ils ne cherchent pas non plus la faille. Job est bienveillant, attachant et frais.

Alors bien sûr, on aimerait une bande-son plus subtile, on aimerait des transitions plus soignées et une fin plus radicale. Tout cela ce sont des détails. Pour cette jeune compagnie repérée en 2011 et aux danseurs bien formés ( les chorégraphes et danseurs ont évolué chez Pedro Pauwels),  la base est là solide. En proposant un spectacle au fil conducteur net : le travail, et qui ne casse jamais, ils interrogent avec des images simples et des idées brillantes ( la journée d’un danseur par le speed des changements de tenues est un bijou d’intelligence tellement l’idée est géniale).

Deux noms à retenir et un travail à suivre.

Visuel : ©Herve Tartarin


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