La resistance dansée de Nadia Vadori-Gauthier

6 janvier 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 1 commentaire

« Qu’est-ce que je peux faire ? » est une question qui nous taraude depuis les 7 et 9 janvier et encore plus depuis le 13 novembre. Pour la danseuse Nadia Vadori-Gauthier le 7 janvier fut un « Choc ». Son médium, c’est le corps. Alors, elle a décidé de danser une minute par jour, une façon, selon-elle, de faire de la « micro-politique ». À l’occasion des un an du projet, et de la triste commémoration des attentats de l’hiver 2015, un film a été monté et une série de rencontres ont lieu. Hier soir, à Micadanses, Myriam Gourfink questionnait Nadia Vadori-Gauthier.

« Goutter à goutte l’eau peut transpercer la pierre »

La goutte, c’est une vidéo postée sur un site, Une minute de danse par jour qui permet à l’artiste d’être avec le réel. Le film qui dure une quarantaine de minutes est un assemblage chronologique qui résume à lui seul toute l’année 2015. Il y a beaucoup d’humour et de légèreté un temps, jusqu’au 13 novembre en journée. Et c’est vrai, qu’il y a aussi cet été aux jours caniculaires. Alors elle s’habille sans penser à faire costume. Elle est dans l’environnement de sa journée : une salle de danse, la rue, un ruisseau…et elle se met à danser, elle se « jette » dans le geste. Si tout n’est qu’improvisation, elle avoue « ne penser qu’à ça ».

Si le geste de Vadori-Gauthier est toujours très connecté avec l’environnement, dans une fluidité et un déplacement toujours très justes, jamais collé à un propos c’est qu’elle souhaitait se connecter avec des espaces non discursifs.

La résistance aux antis-Charlie est là, dans le fait de sortir la danse des salles d’entre soi pour faire surgir l’inattendu. Le résultat est étonnant. Le public pris sur le vif est soit bouche-bée, soit rieur. Il se passe quelque chose. Cette absolue liberté, cette transgression, c’est évidemment tout ce que nos ennemis veulent assassiner en tuant nos proches. Il y a des « minutes » qui comptent plus que d’autres. Celle où quelques jours après le 13, elle danse place de la Concorde, le 21 novembre : il pleut, l’État se devine derrière les manèges, elle virevolte en jupe à fleurs. Tout est là : le désir de nouveau vibrant d’être vivant.

Car ici, le seul fil conducteur est la vibration. De la même façon que Myriam Gourfink travaille sur l’impact du yoga et de la méditation dans son travail, Nadia Vadori Gauthier parle de sa performance comme « l’idée de se détacher des terreurs et des violences, c’est de la micro –politique ». Elle emploie l’expression « composition sismographe » pour définir sa méthode : composer dans l’immédiat de ce qu’elle reçoit.

 

Mais aujourd’hui quoi faire de nouveau ? Un spectacle ? Un livre ? Danser encore une minute par jour ? Les voies sont ouvertes. Elle le dit justement : « j’ai une espèce de légèreté car de toute façon tout cela m’échappe ».

Le calendrier des projections et des rencontres qui se tiennent depuis le 5 et jusqu’au 14 janvier à Paris, à Saint-Denis et à Gennevilliers.

Visuel : (c) DR


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