[June Events] Alban Richard & Laurent Goldring font danser l’animalité des musées

9 juin 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

Le 8 juin le festival de danse June Events, qui célèbre sa dixième édition, sortait de la belle Cartoucherie pour s’emparer des musées. Entre la performance incarnée d’Alban Richard à 13h au musée Picasso et les entrefilets de  Laurent Goldring à 20h au Bal, les chorégraphes et les danseurs incarnaient les oeuvres.

Alban Richard : dans la folie du souffle face à Barcelo 

Le directeur du CCN de Caen est chorégraphe mais aussi danseur, et aussi fou de musique, ou plutôt de sons, de rythmes. Dans la salle Sol y Sombra de l’exposition Miquel Barceló qui décidément inspire ( Sylvain Decure et Cyrille Musy y jouaient de drôles de clowns lors de la dernière Nuit des musées), Alban Richard étonne.

La veille celui qui présentait au même festival le juste joli Nombrer les étoiles vient ici s’attaquer à lui-même. Dans cette salle aux toiles faites de reliefs qui puent la guerre, lui vient mixer sa respiration pour la transformer en râle animal. Sa danse est faite d’empêchements qui le clouent au sol dans un cri étouffé. Ses rebonds le contiennent dans des élans qui ne lâchent pas. La performance devient obsédante si on s’autorise à entrer dans la durée. Le corps ne cherche pas la beauté ici, il n’est que douloureuses torsions. Il choisit de ne pas déambuler et d’opérer comme sur un ring ici ponctué de trois tableaux imposants.

Dans les mailles de Laurent Goldring au Bal

Si la performance d’Alban Richard était d’une animalité mammifère, celle de Laurent Goldring elle se niche dans les larves et l’infâme.

Dans la première salle de l’exposition que le BAL consacre au photographe Gerard Petrus Fieret, une cage nous attend. Un corps entièrement recouvert d’une combinaison noire est suspendu là. Marika Rizzi est l’insecte, l’araignée ou l’embryon de vie. Laurent Goldring a littéralement enfermé la danseuse en sculptant autour d’elle cette carapace de fils. Danser l’empêchement à ce niveau-là, extrême est rare. On se souvient d’un  Fabrice Lambert lui aussi entièrement opaque ou d’une Myriam Gourfink suspendue. Ici, Cesser d’être un, puisque c’est le titre de cette pièce très radicale, va plus loin en n’offrant aucun espoir. L’allégorie de finitude de la vie est ici posé comme un absolu anxiogène. Le geste de Marika Rizzi  s’apparente à de la voltige, quel paradoxe quand l’on sait à quel point le moindre de ses mouvements est ici contrainte. Ses membres se confondent :  Les bras deviennent des jambes, la tête entre dans le ventre, elle est boule, elle devient immense, terrifiante. Totalement subjugante.  le spectacle de Laurent Goldring amène ici la danse aux frontières de la forme totalement plastique. Superbe.

Le Festival June Events continue jusqu’au 18 juin avec ce soir à 19H30 le très attendu l’Aveuglement de Mylène Benoit.

Alban Richard © Frédéric Birault

Laurent Goldring ©DR


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

Laissez un commentaire: