Jan Martens, Ode to the Attempt

16 mars 2017 Par
Bénédicte Gattère
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Le théâtre de Vanves a mis les Pays-Bas à l’honneur lors de la 19e édition du festival Artdanthé. C’est dans ce cadre qu’il a donné carte blanche au chorégraphe belge Jan Martens pour une soirée. Entre humour décadent et envolées physiques et lyriques, ce dernier nous propose avec Ode to the Attempt quarante minutes d’introspection partagée.

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Cet « ode » à ce qu’on pourrait traduire par « tentative », « volonté de faire » est en réalité un spectacle plein d’humanité, plein de fragilité et surtout très juste. Un jeune homme, seul devant son ordinateur fait défiler sous nos yeux dix commandements, en forme de défis programmatiques. Rédigés en live, ils sont ensuite projetés sur le mur de scène ; le temps de l’introspection se téléscope avec le temps du partage avec le public. Sous nos yeux s’écrivent donc les intentions de l’artiste pour le spectacle, toujours plus ou moins drolatiques : « adresser un message caché à mon ex », « faire un interlude kitsch et charmant » etcætera.

Par le dispositif de l’écran agrandi, le Belge expose donc ses envies de chorégraphe. Pourtant, sur le plateau, il n’est plus Jan Martens, étoile montante de la danse contemporaine : il est un homme à selfie, un homme qui se cherche, un homme qui tâtonne et qui souvent, pour le plaisir des spectateurs, s’envole. Il s’épuise alors en beauté sur les morceaux de la playlist également projetée sur les écrans du lointain. Nous offrant de véritables moments de complicité, de rire franc ou bien d’intimité inattendue, le belge sait faire rire et résonner des vérités en chacun de nous. Tout au long de ce solo en forme d’autoportrait, Jan Martens casse complètement les codes de la représentation scénique traditionnelle par cette volonté de transparence absolue. À la fin, il reprend simplement sa place à la console de la régie, comme si ce n’était pas lui finalement l’interprète, nous congédiant familièrement. Il n’était là que pour un temps, –celui, éphémère, de la représentation qui se joue comme une suspension. Jusqu’au bout Jan Martens maintient une proximité avec le public dans l’élaboration du spectacle, avec l’idée d’une pièce en train de se monter sous nos yeux.

On pourra retrouver le chorégraphe au festival Le Grand Bain qui se déroulera du 27 mars au 7 avril à Roubaix, il y reprendra notamment The dog days are over qui avait été jouée à la Rose des Vents à Villeneuve-d’Ascq. Cette pièce très impressionnante se regarde comme une performance : une heure et quart de sautillements, où les danseurs-sauteurs sont plongés dans le silence ou parfois dans une brusque immobilité pour reprendre jusqu’à épuisement. En tant qu’artiste associé du Centre de développement Chorégraphique (CDC) du Nord-Pas-de-Calais depuis deux saisons, le Belge invite désormais des complices à participer au festival. La pièce Ode to the Attempt sera quant à elle reprise au Théâtre des Abbesses du 6 au 10 juin 2017.

Pour information, le festival Artdanthé continue à présenter jusqu’au 1er avril des jeunes artistes de talent tels que Bouchra Ouizguen ou Lorenzo de Angelis : toute la programmation ici.

 

Visuel : © PhileDeprez


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