« Inaudible », le titre si bien choisi de Thomas Hauert aux Hivernales

13 juillet 2018 Par
Amelie Blaustein Niddam
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On (y) danse aussi l’été !, la saison estivale du CDCN d’Avignon invite le chorégraphe suisse Thomas Hauert à présenter un spectacle qui frise le plagiat.

Jouons un peu. Quel chorégraphe associe des costumes volontairement moches à de la danse arquée et de la musique populaire ? Certes tout cela n’appartient pas à l’auteur de Gala (2015), mais tout de même… C’est comme faire danser des filles avec des cheveux long, des talons hauts et des robes en soie, on pensera très fort à Pina.

Tout commençait bien. Fabian Barba, Thomas Hauert, Liz Kinoshita / Federica Porello, Albert Quesada, Gabriel Schenker / Sarah Ludi, Mat Voorter sont encastrés les uns dans les autres dans une pyramide écroulée. Ils fondent et remontent, et ainsi de suite. Puis le plateau se vide de ses danseurs et on entend un collage de musiques classiques, entendues mille fois : le concerto en fa de George Gershwin et Ludus de Morte Regis de Mauro Lanza,  L’effet est immédiat, les notes nous saisissent. Puis, arrive la danse libre, où ils font ce qu’ils veulent, où la raideur est reine. Au commencement l’on rit beaucoup, puis face à des références non citées on se glace. Le climax est atteint quand les interprètes en tenues foutraques se placent en ligne devant nous. Show must go on comme avait dit l’autre en 2001, alors on continue et on fait semblant de ne pas avoir vu.

La proposition s’amuse des relations entre la musique et les corps, et cela fonctionne comme un dessin animé muet. Cette pièce date de 2016. Thomas Hauert présentera The measure of disorder le 21 septembre à la Biennale de la Danse, sa dernière création.

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Visuel :©Gregory Batardon