Genres et plateaux de danse : images augmentées 

14 février 2017 Par
Amelie Blaustein Niddam
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Sortons d’ici les champs classiques pour n’être que dans le contemporain. Au moment où la danse ne cesse de se réinventer, disons le, elle ne questionne pas la politique. S’intéresse-t-elle alors à l’image des hommes et des femmes? Quels sont les corps dansants vus sur scène ?

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Des hommes à la féminité déployée 
Il faut encore une fois parler de François Chaignaud, le chorégraphe le plus pertinent de sa génération. Le trentenaire qui officie avec Cecilia Bengolea est fasciné par les attributs et les décors féminins. Citons un spectacle hors cadre : Radio Vinci Park. Imaginez un théâtre qui n’en est pas un : un parking. Et sur cette scène qui redéfini le genre, le danseur au corps solide arrive en vestale, sur talons de 12. Le maquillage et extravagant, les ongles ultra longs. Chaignaud s’amuse des codes de la féminité en les sortant de la normalité. Il reste infiniment mec malgré ses longs cheveux. Pas de faux seins ici et aucune volonté de cacher des muscles. Le personnage qu’invente François Chaignaud est un manifeste de beauté et de désir.

Le genre comme lutte interculturelle

Du côté de Robin Orlyn, chorégraphe Sud Africaine, le travail vient dire comment un corps peut dire la réalité politique d’un pays. Dans son dernier spectacle : And you see…our honorable blue sky and ever enduring sun…can only be consumed slice by slice le performeur noir et obèse Albert Ibokwe Khoza campait une reine nubienne. Tout y passe ici, les traces de l’apartheid en premier lieu. Depuis plus de vingt ans elle explore les stéréotypes et les ambivalences de son pays de naissance.