[Festival d'Automne] Dans la fosse aux lions de Xavier Leroy

15 septembre 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

Dans le cadre du Festival d’Automne, Xavier Leroy présente Temporary Title, 2015. Une performance immersive toute en lenteur et en beauté.

Note de la rédaction :

Ils sont dix-huit, totalement nus. Dans l’Espace 315 aux murs complètement occultés,  ils se déplacent comme, au choix, des loups ou des lions. Ces félins très humains sont en meute, ils sont à quatre pattes, les côtes se déployant et se refermant, les quatre membres devenus socles aux poings qui se déplient. Ils vont se rapprocher, s’éloigner, s’emmêler. L’image est absolument magnifique. Leroy sait à la perfection orchestrer les corps et il le prouve une fois de plus. Ici le travail ne se concentre pas sur le désir mais bien sur les transitions. Celle qui nous a fait passer de singe à humain ou celle qui nous fait passer de l’état normal à l’état amoureux. Car oui il est question d’amour ici. Les danseurs viennent vous voir, se présentent et vous posent des questions. Pour nous il fut question du coup de foudre. Joli non ?

Xavier Leroy nous dit surtout pas mal de lui ici. L’évidence est qu’il est insaisissable. Celui qui sort d’une résidence de trois ans au Théâtre de la Cité Internationale et à qui le Centre Pompidou consacrait en 2014 une Rétrospective nous avait accordé une interview où il affirmait « Je ne pense pas avoir créé un style ». On ne peut que lui donner raison. Entre son histoire foutraque de la danse, Giszelle  et son Sans Titre, une suite sur l’amnésie où il apparaissait entièrement masqué, les différences de styles semblent être sa règle.

Pendant quatre jours, de 14h à 20H, ils vont évoluer, lentement. Pour le spectateur, la sensation est celle de l’apaisement.  Les corps ici sont orchestrés, dirigés au millimètre. Ces corps, qui jamais ne se lèvent dansent et nous parlent à la fois des origines et des contraintes de l’humanité. Beau.

Visuel : Xavier Le Roy / Temporary Title © Peter Greig


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

Laissez un commentaire: