« Derrière le blanc », Jean-Antoine Bigot pris par la toile aux Hivernales

21 février 2017 Par
Amelie Blaustein Niddam
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Le très bon festival de danse Les Hivernales se passe à Avignon, en ce moment. Au moment de la pause déjeuner, avant ou après avoir profité d’un soleil printanier, plongez dans la perf géniale de Jean-Antoine Bigot à la Maison Jean Vilar, juste derrière les terrasses de la place de l’Horloge.

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Jean-Antoine Bigot dirige avec Anne Le Batard la compagnie Ex Nihilo. Leur travail s’amuse souvent à interroger les interactions entre la danse et l’extérieur. En 2014, ce fut au  Palais des Papes avec Amalgame, et jusqu’à jeudi c’est à  la Maison Jean Vilar, dont la salle de spectacle est ici vidée, fenêtres ouvertes sur le jardin de la rue de Mons, que le peintre et danseur opère. Pour faire une jolie toile, les bons peintres vous le diront, il faut de la belle lumière, cela donne de la complexité et du relief au propos.

Il est peintre donc,  ses toiles sont exposées dans l’escalier de la Maison Jean Vilar, des corps quasiment abstraits aux mouvements présents. Sur « scène » entouré du public et accompagné par le rock doux de Pascal Ferrari il va danser la peinture ou peindre en dansant, question de point de vue.

Se confronter à la toile blanche, lui proposer un pas de deux, entrer dans la physicalité jusqu’à faire couler la sueur : ce duo entre l’homme et l’objet a tout ici d’un combat où toutes les armes sont égales : craies, peinture, carreaux de plâtre, plaques de bois, truelles, pinceaux. La violence et la folie sont aux portes de cette toile sans cadre, qui déborde jusqu’à se coller aux murs. Il y a la rage de créer ici avec la sensation que l’oeuvre avance malgré sa volonté. Voulait-il arriver à ce resultat, une image dont on  ne vous dira rien ? Lui seul le sait. Lui, à la démarche désabusée, à la danse décharnée, désarticulée, puissante.

La réflexion sur le passage de l’abstrait au figuratif, de la posture au mouvement est amenée d’une façon très neuve qui permet de penser une question très actuelle sur les interactions entre le musée et le mouvement. Depuis quelques temps, les chorégraphes et les danseurs se confrontent aux expositions ( Daniel Linehan au musée Picasso…) apportant du mouvement au statique dans un jeu de regard où la peinture n’est jamais une nature morte.

La performance de Jean-Antoine Bigot joue encore à 13h mercredi et jeudi, à la Maison Jean Vilar.

Visuel : ©Agnes Mellon


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