[Danse] Festival (Des)Illusions: Olivier Dubois donne de l’Or en Barres

27 mars 2016 Par Araso | 0 commentaires

Le Festival (Des)Illusions continue au Monfort avec la danse anticonformiste d’Olivier Dubois, qui reprend ici son premier solo créé en 2006 à Avignon, « Pour tout l’or du monde ». Il y fait fi des carcans du corps et des codes de la danse pour une performance où règnent en maîtres l’humour et la jouissance. 

Note de la rédaction :

Dans la lignée de Jérôme Bel, le travail d’Olivier Dubois questionne le corps, le rapport à la danse, le beau et le « bien danser ». Directeur depuis 2014 du Centre chorégraphique national Roubaix – Nord-Pas-de-Calais, il a beaucoup collaboré avec Jan Fabre qu’il qualifie de maître. Ne vous fiez pas à sa physionomie bedonnante et courte: Olivier Dubois maîtrise parfaitement le grand écart et se déhanche sur S.O.S. de Rihanna comme personne. Le lac des cygnes n’a aucun secret pour lui et il en connaît le moindre mouvement. Et surtout, il brûle de passion pour la danse, la seule, la vraie, qui lui a permis d’oser décider de devenir danseur à 23 ans après des études universitaires.

C’est sur la musique de Tchaïkovsky, Opus 20, Acte 2, que s’ouvre le premier solo d’Olivier Dubois, écrit il y a dix ans, sa première production en tant que chorégraphe. Assis sur une chaise torse nu sous son costume noir, il agence des barres métalliques au sol, les plante à la verticale, cherche le bon angle, créée des cadres, y entre, se défoule, en sort. Son cygne noir est d’abord immobile, se déplace lentement, puis se déchaîne. Le geste est court et ramassé, dynamique façon fitness.

Un pas de côté, un costume en moins, une barre de pole dance et c’est une autre ambiance. En slip blanc, le chorégraphe-danseur se trémousse sur Rihanna doublée d’une bande son pornographique de soupirs orgasmiques. Il soutient le regard du public, flirte, n’a froid ni à la culotte ni aux yeux. Il hypersexualise le mouvement, fait glisser ses fesses sur la barre et trembler son ventre. Le passage du Lac des Cygnes à « Disconnect » de Plastikman est culte.

Une morphologie parfaitement assumée, des barres détournées, alignées comme des barreaux de prison, qu’Olivier Dubois démonte et dont il joue pour montrer son corps sous différents angles. Le tout est délicieusement drôle, ode à la verticalité et à la virilité, qui trouve en Olivier Dubois une incarnation aussi puissante qu’inattendue, mise en lumière par le superbe travail de Christophe Mallein.

Quand le show s’achève sur une pluie de paillettes dans un cimetière de godemichets, on est à la fois heureux et triste. Regonflés à bloc par ce moment de pur plaisir, on a aussi très envie qu’Olivier Dubois aille plus loin, qu’il radicalise encore son écriture et prolonge les festivités.

C’est au Monfort jusqu’au 3 Avril, c’est une dernière mondiale et il reste des places.

Visuels © Frederic Iovino


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