[CRITIQUE] Noetic: Sidi Larbi Cherkaoui fait du joli avec l’Opéra de Göteborg

2 juin 2016 Par Araso | 0 commentaires

Le chorégraphe anversois Sidi Larbi Cherkaoui revient à la Villette avec les danseurs de l’Opéra de Göteborg pour «Noetic», une création 2015. Le spectacle a été baptisé d’après l’«Institut of Noetic Science» fondé par l’astronaute Edgar Dean Mitchell qui a eu une révélation dans l’espace. Laquelle? Mystère…

Note de la rédaction :

Si vous avez envie de voir un beau spectacle classique, avec de jolis mouvements équilibrés et cadrés, et sans folle prise de risque, alors ce spectacle est pour vous. Le casting est résolument transgenre et transfrontières; dans un cube blanc immaculé, éclairé au néon, déboule une armée d’hommes et de femmes en costumes (de serveurs de cafés parisiens) et robes de cuir noir. Noetic, vous voulez dire Noé? Matrix? Vos soupçons ne tarderont pas à se confirmer lorsque démarrera la musique, percussions et flûtes de pan par un homme discrètement lové à l’avant-scène (sauf qu’il porte un costume folklorique). En voyant arriver la cantatrice à la longue chevelure peroxydée, vous douterez à nouveau. Le cinquième élément? On est en plein questionnement. Un homme en costume et talons aiguilles traverse le plateau et c’est génial. On a très envie qu’il repasse et qu’il inspire ses camarades. Nos voeux s’exhaussent lorsque le reste du corps masculin de ballet enfile à son tour des robes en cuir.

La danse est résolument classique, les corolles sont légion, à l’exception de deux soli. Le premier est un solo masculin plutôt réussi malgré quelques résurgences et qui rappellera aux nostalgiques le film que Sidi Larbi Cherkaoui a chorégraphié pour «Valtari» de Sigur Ros il y a trois ans.  Le second est un solo désarticulé d’une danseuse contorsionniste. L’énergie est à un niveau plutôt bas pour un corps de ballet qui ne respire ni la passion, ni le lyrisme. Il est ensuite embourbé dans le réglage des imposantes barrettes qu’ils transforment tour à tour en circuit électronique, en tonnelle et en planète. Tout au long du spectacle, on retrouvera disséminés des mouvements signatures de Sidi Larbi Cherkaoui, dont les fameuses mains déjà aperçues dans «Genesis». Le voguing et le hip-hop se dessinent en filigrane.

Plusieurs textes sont énoncés durant le spectacle «Compréhension et perception de motifs» de Jason Silva et un texte de Randy Powell sur les nombres, extrait d’une conférence TED. Ils deviennent le support d’une longue série de mimes explicatifs qui assureront la bonne compréhension du théorème par le public, même s’il ne parle pas anglais. La durée du spectacle est parfaite: 55 minutes.

Attention: Sidi Larbi Cherkaoui revient à la Villette, en personne et en tant qu’interprète -et on sait qu’il est un excellent danseur, pour y présenter Fractus V, créé à l’occasion des 40 ans du Tanztheater Wuppertal de Pina Bausch.  A ne surtout pas manquer du 5 au 7 juin, Grande Halle de La Villette.

Visuels © Bengt_Wanselius


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