Concordan(s)e #11 : Une joyeuse hybridité par Maud Lepladec et Pierre Ducrozet

11 mars 2017 Par
Camille Thermes
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Le festival Concordan(s)e s’installe peu à peu dans le paysage de la région parisienne, et propose cette année ses duos singuliers dans plus de 10 lieux différents. La chorégraphe Maud Lepladec et l’écrivain Pierre Ducrozet nous révélaient mardi 7 mars les coulisses de leur création née d’une rencontre inédite.


concordanse

Dans la librairie de l’Atelier mardi dernier, la rencontre qui a eu lieu cette fois était celle du public très restreint avec les deux artistes venus présenter leur travail avant la première mercredi 8 à la Briqueterie. Dans une atmosphère intime, la danseuse et chorégraphe Maud Lepladec et l’écrivain Pierre Ducrozet nous ont d’abord livré un court extrait de leur spectacle de 30 minutes, avant de témoigner dans un débat de l’expérience artistique, initiée par Jean-François Munnier, qui les avait mené à travailler ensemble. Depuis onze an le directeur du festival est en effet à l’initiative de ces rencontres hybrides et inattendues, entre un chorégraphe et un écrivain. Le format, invariable, exige que les deux artistes soient initialement étrangers l’un à l’autre, et qu’ils composent ensemble un duo d’une trentaine de minutes pouvant être présenté sur une scène petit format. Car la particularité du festival Concordan(s)e repose aussi sur sa dimension nomade : tout comme les arts, les espaces investis sont multiples et polymorphes, abritant ainsi des créations capables de rassembler des publics différents, et de nouer de nouveaux rapports avec les spectateurs. Cette année par exemple, Concordan(s)e dessine son itinéraire entre centres chorégraphiques (comme la Briqueterie), bibliothèques (à Paris mais aussi au Havre, à Bagnolet, Rentilly…), librairies, théâtres, MJC et centres plus connus comme La Maison de la Poésie ou la Maison Rouge à Paris. Il faut donc pouvoir s’adapter à chaque lieu pour exporter un peu partout ces commandes créatives et toujours surprenantes.

C’est plutôt sur un mode humoristique que s’est jouée la rencontre entre Pierre Ducrozet et Maud pladec-ducrozet-701faLepladec. Si nous n’avons pu assister qu’à un extrait de la représentation finale, les deux artistes nous ont présenté leur travail, raconté leur rencontre et décrit leur démarche créatrice. Et cela a suffit pour comprendre que Je n’ai jamais eu envie de disparaître joue, en toute légèreté, sur les représentations mentales qui guident les mouvements de nos corps dans l’espace. Sur un texte pétillant de Pierre Ducrozet (Requiem pour Lola rouge, Paris, Éditions Grasset et Fasquelle, 2010, Eroica, Éditions Grasset et Fasquelle, 2015), avec pour seuls accessoires deux pupitres, danseuse et écrivain mettent en scène leurs corps. L’un apparemment parfaitement maîtrisé, et l’autre brouillon, maladroit, indécis. Mais une fois les préjugés dépassés, c’est une inversion des rôles qui petit à petit l’emporte pour exhiber les rapports complexes que chaque individu peut entretenir avec ses propres mouvements dans l’espace. Travail intéressant et parfois drôle lorsqu’il s’agit de faire danser pour la première fois sur scène un écrivain, qui se dit intimidé mais amusé à l’idée de relever le défi. Entre performance parlée, dansée, mise en musique, ce sont les trajectoires de deux corps vivant dans le monde contemporain qui évoluent et mettent à profit cette occasion unique de mêler genres et mondes dans une rencontre créatrice.

Maud Lepladec et Pierre Ducrozet seront le 11 mars à la médiathèque Harmeland de Saint Herblain, au Colombier à Bagnolet le 18 mars, et le 20 mars à la Maison de la Poésie. Programme complet du festival ici.

Visuels : ©Delphine Michel


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