« Brother », Marco Da Silva Ferreira impose son rythme

26 mars 2017 Par
Amelie Blaustein Niddam
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Présentée en création au São Luiz Teatro Municipal, à Lisbonne les 24 et 25 mars, la nouvelle pièce hyper physique du danseur et chorégraphe Marco Da Silva Ferreira fera rebondir la scène du Théâtre de la Ville-Les Abbesses le 13 mai dans le cadre de Chantiers d’Europe. Un choc qui fait de lui l’héritier direct d’Hofesh Shechter

Un homme seul entre en scène, en silence et offre un solo bestial, à la rapidité époustouflante. Le corps est carré, désarticulé, une épaule dirige une jambe et ainsi de suite. L’image est celle des premiers hommes encore singes, qui auraient pris un cours de Hip Hop. La danse est ici un choc. Jamais vu.

Puis le premier homme sera rejoint par l’humanité au nombre biblique de 7. La musique est là sous la forme du tic-tac stylisé d’une horloge. Le temps passe. Les hommes ont apprivoisé la ville et ont transmis une façon de marcher. Le corps posé en seconde ( les jambes écartées, pieds parallèles), il va rebondir en laissant le haut vertical. Toutes les images de Brother mériteraient un arrêt sur image. Portés à l’intelligence folle, entrées en scène radicales.

Marco Da Silva Ferreira pioche dans tout, aussi bien dans la culture urbaine que dans la danse classique, aussi bien dans les fêtes technos que dans le dancehall. Celui qui fut danseur chez Hofesh Shechter a gardé de l’israélien la physicalité et la tribalité. La flexibilité des dos associée à la rapidité des bras offre des gestes puissants et communicatifs.

Brother nous fait passer de la solitude au groupe, mais un groupe costumé, comme dans un rêve où une soirée à thème fantomatique. La notion d’ensemble est chère à Da Silva Ferreira qui est en recherche de nouvelles esthétiques, lui qui en France a déjà montré son travail à l’Atelier de Paris, aux Subsistances et au Théâtre de la Ville n’est pas encore une star de la danse. Pourtant, sa direction chorégraphique inclassable en fait un virtuose très actuel.

Tout ici est cohérent, la lumière qui ira vers des grésillements, le son electro qui laisse de la place aux drops des danseurs et la chorégraphie au tempo impossible. La dernière image du spectacle est elle une étonnante disparition qui montre aussi qu’il est un excellent dramaturge.

Il faut suivre de très prés celui qui en 2015 présentait Hu(r)mano  lors de Chantiers d’Europe à l’Atelier de Paris dans leur Festival June Events.


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