[Avignon Off] Mithkal Alzghair, Herman Diephuis, Raphaëlle Delaunay et Sylvain Prudhomme à la Parenthèse

16 juillet 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

Deuxième semaine pour La Parenthèse, ce lieu qui accueille la programmation conjointe du Théâtre Louis Aragon et du Théâtre Gérard Philipe. Pour deux matins, et jusqu’à demain matin, c’est un trio de spectacles qui est proposé : Déplacement de Mithkal Alzghair, Prémix d’Herman Diephuis et It’s a match de Raphaëlle Delaunay et Sylvain Prudhomme.

Déplacement de Mithkal Alzghair.

Mithkal Alzghair vient de gagner le prix Danse Elargie du théâtre de la Ville avec une version en trio de ce spectacle. Le chorégraphe syrien en exil raconte son histoire. Déplacement est un pas qui commence par une image : celle de deux bottes qui attendent. Lui les chaussera puis orchestrera une marche militaire extrêmement et volontairement raide. Puis il sera toutes les étapes de la Révolution syrienne. On le verra à genoux, on le verra en position d’exécution, puis au sol mourant cherchant la paix. Le geste n’est pas aussi fort qu’il le prétend, sa traduction du conflit et son récit autobiographique manquent de puissance.

Prémix d’Herman Diephuis

On avait quitté Herman Diephuis en interprète lubrique lors des Sujets à Vif pour Täkasûtra.  Il est ici absent du plateau et chorégraphie Marvin Clech et Dalila Khatir.  Prémix est un Laurel et Hardy version banlieue. Comment s’intégrer à la nation, comment « être chez nous » alors qu’on y est déjà ? Entre mythe du basketteur américain et image figée de la  Mama orientale, Diephuis raconte parfaitement les enjeux territoriaux et sociétaux en Seine Saint Denis où l’intégration des stéréotypes donne des envies de se construire ailleurs. Lui danse hip hop, elle chante et slame presque dans une posture de diva des quartiers. L’image fonctionne et l’on rit beaucoup face à cette comédie dansée et chantée.

 It’s a match de Raphaëlle Delaunay et Sylvain Prudhomme.

On retrouve Raphaëlle Delaunay sur le plateau de la Parenthèse, elle est comme Herman Diephuis, une habituée des lieux. It’s a match frise la performance, et c’est tout à fait cohérent et réussi. Sylvain Prudhomme, auteur de son état,  parle et elle danse, et cela est l’essentiel de leurs incompréhensions. Elle peut le chevaucher, le mordiller, le triturer, lui, il pense, il comble le vide de ses mots et théorise sa relation amoureuse avec elle.  Le corps gagnera ici, à coup de Dalida même. il finira par « lâcher » et « ressentir son champs magnétique ». On éclate de rire dans ce pas de deux très réussi.

La Belle scène Saint-Denis continue jusqu’au 22 juillet avec notamment une Carte blanche à Jann Gallois

Visuel : ABN


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