« Passion » : Fanny Ardant dans un Sondheim minimaliste au Châtelet

21 mars 2016 Par Yaël | 0 commentaires

Pour le printemps, le Théâtre du Châtelet nous a préparé une nouvelles de ses comédies musicales travaillées avec le plus grand perfectionnisme. Avec un livret et une tête d’affiche (N. Dessay) dignes d’un grand opéra et un sentimentalisme magnifié par le minimalisme de la mise en scène de Fanny Ardant, Passion défie les lois de son genre avec beaucoup de précision.

Note de la rédaction :

Créée au milieu des années 1990 à Broadway sur une livre de Lapine et d’après un film de Ettore Scola, Passion met en scène l’Italie du 19e siècle, les sentiments dévorants de la malheureuse et laide Fosca (N. Dessay toujours aussi éblouissante actrice que chanteuse, même avec la gravité de la voix qui va au genre « Musical ») pour un soldat en poste auprès de son frère, dans une ville de province. Mais le jeune et fougueux Girorgio (fantastique Ryan Silverman) est déjà épris d’une femme mariée, Clara (lumineuse Erica Spyres) qu’il adore et va a Milan le plus souvent possible en permission pour la rejoindre. Tour à tour pitoyable, maladif, menaçant, angoissant et puis puissant, hypnotisant et violent, l’amour de Fosca est un tourbillon dans lequel le jeune soldat se perd…

Que ceux et celles qui aiment la comédie musicale pour ses grands airs familiers et joyeux ainsi que ses prouesses de claquettes et de danse se tiennent loin d’un Passion qui se rapproche bien plus d’un opéra de Puccini que d’un film de Stanley Donen… Variant autour d’un motif musical principal, souvent plus parlé que chanté, concentré sur le personnage de Giorgio et grandissant dans l’ombre de la fascinante Fosca, le spectacle qui se donne en ce moment au Châtelet flirte avec le genre de l’opéra, malgré les micros des chanteurs. On l’entend bien à la voix de Natalie Dessay et Fanny Ardant l’a bien compris avec sa mise en scène sobre et sombre, qui commence sensuellement pour se terminer dans des tapisseries plus cinétiques que viscontiennes. Une fois cet effet de gravité et de sobriété annoncé, il est aussi nécessaire de préciser que les chanteurs et comédiens sont tous époustouflants, que chaque détail est soigné, que l’histoire est vraiment poignante et que d’entendre une la musique de Sondheim par l’Orchestre Philharmonique de Radio France merveilleusement dirigé par Andy Heinhorn est une expérience qui frise la perfection. Tout est travaillé avec un soin infini et les fans d’un Sondheim aussi minimal et mélodramatique tremblent devant l’immense qualité de cette toute grande production de Passion.

Passion de Stephen Sondheim, mise en scène Fanny Ardant avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France, Natalie Dessay, Ryan Silverman, Erica Spyres, durée 1h40, jusqu’au 24 mars 2016.

visuels : photos officielles à retrouver sur la page facebook du Châtelet.


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