Interview de Christophe Barratier pour son adaptation musicale des « Choristes »

24 février 2017 Par
Magali Sautreuil
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En 2004, Christophe Barratier réalise « Les Choristes ». Pour son premier long-métrage, le succès est au rendez-vous. Le film attire près de 9 millions de spectateurs dans les salles et est nommé deux fois aux Césars et aux Oscars. 13 ans après, le réalisateur nous offre une adaptation musicale des « Choristes », qui sera jouée trois fois par semaine, du 23 février au 21 mai 2017, aux Folies bergères, à Paris. Dans une interview accordée à notre magazine le jour de la Première, Christophe Barratier revient avec nous sur cette aventure musicale !

« Toute la Culture » : « La musique semble occuper une place importante dans votre vie. Que représente-t-elle pour vous ? »

Christophe Barratier : « Ma passion pour la musique vient de mon enfance. Enfant, je chantais comme soprano. Ma grand-mère, chez qui j’ai passé une grande partie de mon enfance, m’a encouragé dans cette voie. La musique est un exercice que l’on peut pratiquer seul ou en groupe. Elle permet d’inventer des histoires, de se raconter et d’exprimer tout un tas d’émotions ».

« Toute la Culture » : « Comment vous est venue l’idée de créer ce spectacle musicale ? »

Christophe Barratier : « Les choses se sont faites naturellement. Il y a d’abord un lieu, les Folies Bergères, le temple du musical, mais aussi ma passion pour la musique et le théâtre. Je suis issu d’une famille de comédien. Ce spectacle est l’occasion de réunir ces deux passions (Christophe Barratier est le fils du producteur Jacques Henri Barratier et de la comédienne Eva Simonet et le petit-fils d’une grand-mère comédienne) ».

« Toute la Culture » : « Qu’est-ce qui différencie le film « Les Choristes » du spectacle musical ? »

Christophe Barratier : « Le début et la fin sont différents. Le spectacle est davantage axé sur la musique, puisque même les adultes chantent, sans être pour autant des chanteurs. On pourrait parler de théâtre chantant puisqu’il y a aussi des dialogues. Les personnages se racontent en chantant et sont exactement ce qu’ils chantent. »

« Toute la Culture » : « À quelles contraintes avez-vous dû faire face ? »

Christophe Barratier : « La loi française est très stricte concernant le travail des enfants. Ils ne peuvent pas jouer trois fois par semaine. C’est pourquoi on a composé trois équipes de quinze enfants qui jouent en alternance. Ce sont en tout 45 enfants, issus de la Maîtrise des Hauts-de-Seine, qui ont été choisis pour interpréter les choristes. En plus d’être de bons chanteurs, ce sont aussi de bons comédiens ».

« Toute la Culture » : « Comment avez-vous donné vie au décor dans lequel ils évoluent ? »

Christophe Barratier : « Ce sont des décors réalistes, qui dégagent une certaine poésie. On a associé des techniques classiques, anciennes à d’autres plus modernes. L’usage de la vidéo et les jeux de lumière nous ont, par exemple, permis de simuler la forêt jouxtant l’internat et l’incendie qui l’a ravagé. »

« Toute la Culture » : « Rachin et Mathieu ont tous deux raté leur vocation. Ils sont pourtant diamétralement opposés. Comment expliquez-vous cette différence ? »

Christophe Barratier : « Rachin (le directeur de l’internat) est le miroir opposé de Mathieu. Puisqu’il a raté sa carrière, il a décidé de plonger tout le monde dans la même misère en pratiquant la technique de la « terre brûlée ». Mathieu a lui-aussi perdu ses illusions. Chef d’orchestre raté, il accepte à contrecœur ce poste de pion, dans un milieu qui lui est plutôt hostile. Pourtant, à l’inverse de Rachin, il a décidé de tirer le meilleur de chaque moment qui lui offre la vie. Modeste, l’air de rien, il arrive néanmoins à ses fins. Même si sa chorale a échoué, il a gagné quelque chose de plus précieux : une famille ! »

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Crédit photo : Magali Sautreuil