Dans les coulisses du « Fantôme de l’opéra » à Mogador !

18 septembre 2016 Par Magali Sautreuil | 0 commentaires

Composé en 1986 par Andrew Lloyd Weber, le « Fantôme de l’opéra » n’avait jamais été joué en France. Pour ses 30 ans, le théâtre Mogador a décidé de relever le défi et de présenter cette comédie musicale dans son pays de naissance, à quelques pas du lieu de l’intrigue. Plus d’une centaine de personnes a été mobilisée pour que ce spectacle soit fin près pour le 13 octobre prochain. Nous avons pu découvrir pour vous en avant-première les coulisses de cette immense machine !

Quels secrets renferment les décors, la scène principale et la salle ?

Le producteur exécutif, Eric Loustau-Carrère, nous a d’abord emmené à la découverte de la scène et des décors.

Afin de coordonner les 120 changements de décor automatiques, les 22 changements de scène et l’apparition de quelques 281 bougies, tout doit être réglé au millimètre. Pour régler les derniers détails concernant l’éclairage et le ballet des décors, des répétitions à blanc, donc sans les acteurs, auront lieu jusqu’au mardi 20 septembre 2016.

Si le « Fantôme de l’opéra » n’a pu être joué auparavant en France, c’est d’ailleurs en grande partie à cause du stockage et de la mise en scène de ce décor colossal. Les progrès technologiques, la miniaturisation et la mécanisation des éléments de ce décor ont rendu cela désormais possible. Par exemple, le mécanisme hydraulique du chandelier a été remplacé par un moteur.

Tout l’espace disponible a été optimisé ! Certains éléments du décor ont été suspendus pour être stockés. Le sol de la scène a été entièrement détruit, puis refait à la fin de « Cats ». Il est truffé d’effets spéciaux (bougies, fumigènes). La scène offre également une belle profondeur en sous-sol, ce qui a permis d’y aménager des trappes d’apparition. C’est d’ailleurs en sous-sol qu’auront lieu certains changements de costume.

L’arche du palais Garnier et ses sculptures ont été reconstituées pour l’occasion afin de plonger le spectateur au coeur de cette histoire d’amour. Les effets et le décor n’ont pas été conçus pour impressionner ce dernier, mais pour participer à la narration et l’émouvoir.

Notons également que la salle du théâtre Mogador a été entièrement refaite en 2007. Comme dans les théâtres anglais, tous les sièges sont tournés vers la scène, scène qui a été abaissée afin que tous les spectateurs puissent profiter confortablement du spectacle. La salle est climatisée, ce qui est très appréciable à la fois par le public, mais aussi par les acteurs, l’orchestre et les techniciens.

Après le ballets des décors, découvrons le bal des costumes !

Corinne Page, la costumière en chef du « Fantôme de l’opéra » nous a ouvert les portes de son antre. D’habitude, un espace est loué pour servir d’atelier. Mais, pour cette comédie musicale hors norme, celui-ci a pris possession d’un des foyers.

En tout, ce sont 15 costumières, 2 modistes et 1 cordonnière qui ont la charge de restaurer et d’adapter à la morphologie des acteurs les quelques 230 costumes d’origine. La costumière de l’époque se souvient avec émotion des personnes qui les ont étrennés. Certains sont vraiment difficiles à porter, notamment en raison de leur poids qui peut atteindre jusqu’à une vingtaine de kilos. D’autres sont si serrés à la taille que chanter devient une véritable prouesse technique.

Par mesure d’hygiène, près de quarante masques ont été refaits à neuf, d’après les croquis d’origine.

Tous ces beaux habits requièrent un énorme travail d’entretien. Une quarantaine de chemises est repassée chaque jour. Vieille astuce de grand-mère : pour désodoriser et assainir le linge, nettoyez-le avec un mélange composé de 30% de vodka et de 70% d’eau.

Ce travail colossal se poursuit sur scène. 14 habilleurs sont mobilisés pour des changements qui ne durent parfois que quelques secondes. À eux de donner le bon costume au bon acteur au bon moment et de le remettre sur le bon portant. Chapeau bas messieurs, dames !

Découvrons à présent le chef d’orchestre Dominique Trottein :

14 musiciens de formation symphonique seront tous les soirs en direct sous la direction de ce chef-d’orchestre amoureux des comédies musicales. En tout, environ 80 intermittents du spectacle ont été recrutés pour permettre un bon roulement et ménager les équipes.

« Le fantôme de l’opéra » est une comédie musicale musicalement variée et très exigeante. Il nous offre des moments d’un grand lyrisme et d’autres plus complexes ou plus joyeux.

Histoire et musique reposent sur des bases très solides. La bande-son est très riche et fourmille de références à Verdi, Mozart, Stravinsky, à des opéras contemporains avec un chromatisme musical assez difficile à appréhender.

Nicolas Engel et l’adaptation française du « Fantôme de l’opéra » :

La lourde charge d’adapter pour la première fois en France et en français revient à Nicolas Engel. Pour l’aider dans sa tâche, il a pu consulter Charles Hart, l’auteur du livret original qui parle français. Il a également lu de nombreux livres de Gaston Leroux, l’auteur du roman dont est inspiré le « Fantôme de l’opéra », qui sont pour lui autant de sources d’inspiration.

Pour Nicolas, le « Fantôme de l’opéra » est une des meilleures comédies musicales, où le fond et la forme s’épousent parfaitement. Il allie le style doux et sensuel de Charles à la prose plus spectaculaire de Gaston.

Adapter un texte anglais en français pour une musique est un exercice extrêmement difficile. En effet, les intonations et la longueur des mots ne sont pas les mêmes. Il faut donc être plein de ressources pour parvenir à accorder les paroles françaises à la musique du « Fantôme de l’opéra ». Il faut penser et repenser chaque rime, chaque consonance, les cadences pour que paroles, musiques  et jeu des acteurs soient en totale osmose.

Le fantôme vu par lui-même :

Le comédien islandais Gardar Thór Cortes tient le rôle-titre du « Fantôme de l’opéra ».

Le défi est de taille car il ne parle pas encore français. Or, le spectacle sera en français. Mais pas d’inquiétude, ce rôle lui sied à merveille et il semble parfaitement imprégner du personnage. Par contre, il a dû énormément travailler sur la phonétique et la diction du texte en français.

Jouer le rôle du « Fantôme » est à la fois excitant et jouissif. C’est un personnage extrêmement complexe. C’est un gamin passionné, un génie quelque peu effrayant, dont il faut savoir rendre toute la gamme de ses émotions.

Ce rôle, comme d’autres, sont très exigeants et nécessite une bonne base classique.

Mais il vous faudra attendre le 13 octobre 2016 pour découvrir le « Fantôme » au théâtre Mogador. Ce spectacle qui a été adapté au goût français a bénéficié de l’expérience d’une équipe internationale rompue aux comédies musicales. Cela est donc plus que prometteur !

http://www.thephantomoftheopera.com/paris/


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