Carmen, la Cubana au Chatelet

12 avril 2016 Par Marie Boëda | 0 commentaires

Carmen, version cubaine, c’est la nouvelle découverte du directeur du Chatelet, Jean Luc Choplin. Le metteur en scène, Christopher Renshaw a fait le pari de moderniser l’œuvre de Prosper Mérimée en conservant les airs musicaux connus par chaque génération. Divertissant et libertin.

Lever de rideau, la vieille manufacture de tabac trône sur la scène, ornée d’un drapeau cubain. Les murs rouges décrépis se mélangent au style colonial de l’architecture.

Quatre personnages principaux dans ce contexte des années 50, en pleine révolution cubaine, où les troupes de Fidel Castro sont sur le point de s’emparer de l’ile gouvernée par Batista.  Carmen, allias Luna Manzanares chanteuse de jazz, aux atouts autant visibles qu’audibles a la voix grave, l’attitude décomplexée et virile. L’amoureux, José, est interprété par le ténor Joel Prieto. Seule la constance et l’amour de Marilu, la soprano Raquel Camarinha, qui lui rappelle son devoir envers sa mère, relève l’image pathétique de José. Enfin le personnage du policier Moreno est rajouté et apporte un relief sombre et complexe à la palette de personnages dans Carmen.

Le livret est en espagnol bien sûr, le texte simple et franc. A plusieurs reprises les acteurs scandent un vocabulaire cru et grossier. Rappel de l’ambiance sauvage et brulante de l’Ile cubaine à l’histoire rude. Quant à l’orchestration d’Alex Lacamoire, l’idée était avant tout de coller aux airs illustres de l’opéra de Bizet. Ainsi, l’ouverture, l’amour est un oiseau rebelle sont reconnaissables… On s’y retrouve. Principal changement, les rythmes cubains avec percussions et cuivres pour donner « un regain de jeunesse » et toucher un autre public.

Après le Carmen Jones afro-américain d’Oscar Hammerstein, c’est au tour de Christopher Renshaw de dévoiler sa passion pour l’Amérique latine et surtout Cuba. Alors que l’Ile est en pleine ouverture internationale, le metteur en scène souhaite préserver une culture qui s’ouvre au monde. Sa Carmen est libre, forte, sans homme pour la protéger, « féministe et fatale » à la fois, un personnage moderne et intemporel que les metteurs en scène déclinent et déclineront encore.

(c) Marie-Noelle Robert


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