Fenêtres: ce Bachir qui fait valser les cadres

13 mars 2016 Par Araso | 0 commentaires

Le Festival (Des)Illusions continue au Monfort avec des spectacles qui bousculent les codes du théâtre, de la danse et du cirque. Les créations y côtoient des pièces qui ont déjà été montrées dont certaines ont tourné longtemps. C’est le cas de « Fenêtres  », un solo de trampoline dans une étrange baraque créé en 2002 par Mathurin Bolze et sa compagnie MPTA. C’est aujourd’hui le circassien Karim Messaoudi qui reprend le rôle de Bachir. Une partition qui se poursuivra avec « Barons Perchés », la suite de « Fenêtres » écrite à quatre mains par les deux acrobates et qui sera créée dans le cadre du Festival. 

Note de la rédaction :

Karim Messaoudi découvre le trampoline dès 2006 à l’Ecole Nationale des Arts du Cirque de Rosny-sous-Bois. Il file poursuivre son cursus au Centre National des Arts du Cirque de Châlons en Champagne dont il sort diplômé en 2010, soit quelques années après Mathurin Bolze. Leurs chemins se croisent en 2014 lors d’une rencontre dédiée au trampoline par la compagnie MPTA.

Bachir est un personnage issu de l’imagination et des souvenirs de Mathurin Bolze. Il voit le jour en 2002 au retour d’un voyage effectué par Mathurin au Maroc, qui l’interprète six ans durant avant de le quitter pour mieux l’offrir à Karim Messaoudi des années plus tard. Karim a Bachir dans la peau: de père marocain, de mère flamande, il aborde les sujets de la folie, d’une certaine schizophrénie, puis, sur la même lancée, du monde de l’entreprise, de la famille, de la solitude avec une sensibilité folle. Son regard, la tension de ses muscles transpirent le feu sacré.

La mise en scène est une leçon de créativité et l’habitat de Bachir est un show à lui tout seul. Exposé aux quatre vents et aux regards du public dans un génial dispositif bi-frontal, il est composé de brics et de bracs et de cadres de métal qui sont autant d’invitations à la transgression. Ses contours forment une boîte dans laquelle Karim Messaoudi va et vient, monte et descend rebondissant au passage sur le trampoline qui tapisse le sol de la cabane. Il y fait tout: il s’habille et se déshabille, allume et éteint la lumière, boit, fume, ouvre des portes murales, danse avec des lampadaires et enfile une robe avant de supplier le public de lui caresser les jambes.

Le rythme est parfait, les sujets durs et douloureux sont suggérés sur fond sonore mécanique de chaînes de montage d’usines, entrecoupés de voix-off, de textes et de moments d’humour salvateurs. « Les mains et les pieds c’est difficile, la tête aussi c’est difficile » nous dit Bachir. Tomber, se relever, l’équilibre, le déséquilibre, la chute, les coups, le corps meurtri. Le ton est fort, revendicatif. On sent dans ce personnage une fureur débordante, une fièvre qui brûle comme le mégot de sa cigarette et qui trouvera, peut-être, un répit avec « Barons perchés ».

Visuel © DR


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