Bilan du 71e Festival d’Avignon

25 juillet 2017 Par
Amelie Blaustein Niddam
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Demain soir, après les dernières des dernières, les bandeaux rouges aux trois clés seront remisés jusqu’à juillet 2018. En conférence de presse dans la Cour du Musée Calvet, le directeur du Festival d’Avignon, Olivier Py, est revenu ce matin sur cette édition pointue, où la danse et la performance ont retrouvé leurs places de reines au côté du roi théâtre. 


Ce 71e festival est la quatrième édition sous la direction d’Olivier Py et de loin sa meilleure. Il est revenu ce matin sur la petite révolution qu’est la numérotation des salles, dans une démarche démocratique de l’accueil du public. Cela a généré un bug de billetterie au départ mais a permis de fluidifier les accueils.

Cette année le festival a permis de voir un grand nombre de créations et de premières en France. Il a ainsi retrouvé sa superbe.

Côté chiffres, le bilan est proche de 2016: 152 000 entrées, 125 000 billets vendus et 40 000 entrées libres. 91% de taux de remplissage. Il manque des lieux: l’Opéra est fermé pour travaux et Boulbon n’était pas exploité cette année pour des raisons de budget insuffisant. Ce budget qui est resté stable mais il faut « des bouts de ficelles ». Olivier Py demande aux pouvoirs publics de pouvoir obtenir le parc des expositions et la carrière Boulbon. Le budget du festival d’art lyrique est le double de celui d’Avignon. Cela est pour Olivier Py incompréhensible. Il plaide pour un mécénat plus fort encore qui ne saurait remplacer les subsides publiques.

« Le féminin l’emporte sur le masculin » selon Py qui a vu dans cette édition un moyen d’en finir avec la violence du patriarcat. La femme aux grands pas de The Great Tamer et toutes les citations d’Antigone (dans Sopro ou dans Les Grands) le montrent bien.

L’autre grand thème fut la place de l’acteur sur la scène, ce fut le cas avec Sopro par exemple. Les mythes ont été mis à l’honneur avec Santa Estasi qui pendant 18 heures offrait des portraits de tragédies grecques. La Grèce n’était pas loin avec les rencontres public / acteurs lors des ateliers de la pensée et des lectures.

Pour son second mandat, Oliver Py se veut prudent, limité par les forces financières et voulant répondre à l’état du monde. Quelques pistes seront maintenues. La démocratisation de la culture est au cœur. Il faut travailler sur la diversification du public. Py souhaite mettre en place un festival numérique tout à fait réalisable grâce aux captations.

Py revient sur son travail avec les détenus et souhaite le prolonger. Cet objet témoigne de l’atroce condition carcérale. « On met trop de gens en prison pour rien ».

La volonté de conserver l’utopie est intacte. Pour 2018, le focus n’est pas encore défini mais la question du genre sera très présente. Les dates de la 72e édition seront connues en janvier 2018.

Visuel : ABN