[Mostra 2016, compétition] El Ciudadano Ilustre ou la solitude de l’écrivain adulé qui retourne au pays

6 septembre 2016 Par Ariane Kiatibian | 0 commentaires

Enfin un film qui évite les dialogues creux, où les phrases sonnent mal et certaines répliques cassent tout. La première projection de El Ciutadano Ilustre a été ponctuée de rires et d’applaudissements conquis. Les réalisateurs Mariano Cohn et Gaston Duprat ont réussi leur pari.

Note de la rédaction :

Européen d’adoption, Daniel Mantovani (Oscar Martinez) est un écrivain intransigeant, isolé au milieu de l’adulation internationale dont il fait l’objet. Cinq ans après avoir reçu le Prix Nobel (la scène de son discours est un moment mémorable du film), d’innombrables honneurs et distinctions continuent à affluer de toutes parts. Lorsque lui parvient une invitation venant de Salas, bourgade en Argentine qui l’a vu naître et grandir, et où il n’a pas remis les pieds depuis quarante ans, il se décide à entreprendre le voyage. Salas a obsédé Daniel pendant toutes ces décennies et il en a fait le théâtre de tous ses ouvrages. Sur place, outre d’anciennes connaissances et son amour de jeunesse, Daniel croisera des interlocuteurs cocasses, en décalage absolu avec lui mais susceptibles de lui inspirer un prochain opus… Ces vestiges éloquents d’un monde qu’il a fui illustreront parfaitement l’adage : « nul n’est prophète en son pays »…

El Ciudadano Ilustre est aussi la critique sociale un peu mélancolique d’une Argentine fruste et figée, une présentation plus vraie que nature de folklores triviaux, où la fiction n’est que le dérivé édulcoré de réalités qu’on pensait disparues. Le film manipule les ingrédients du kitsch avec une grande virtuosité et dresse un tableau remarquable des paradoxes de l’artiste reconnu.

El Ciudadano Ilustre de Mariano COHN et Gastón DUPRAT avec Oscar Martínez, Dady Brieva, Andrea Frigeri, Nora Navas, Gustavo Garzón – Argentine/Espagne – 118’


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