Un moine franciscain peut-il devenir une star ?

5 octobre 2012 Par
Charlotte Bonnasse
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C’est ce qu’il semblerait à entendre la magnifique voix de ténor de Frère Alessandro, et la façon dont il fut dégoté par Mike Hedges jusque dans son couvent d’Assise… Une aventure ubuesque qui n’est pas prête de s’achever : à découvrir dans les bacs le 15 octobre, cette « voix d’Assise » ne laisse pas indifférent, et la musique sacrée a désormais des entrées VIP chez Universal.

De la clôture du couvent à l’enregistrement d’un CD produit par le légendaire Mike Hedges

Passionné de musique depuis toujours, c’est à 21 ans qu’Alessandro Brustenghi décide de rentrer dans les ordres. Alors en voyage en Italie à la recherche du « prochain ténor italien », Mike Hedges (U2, Dido, The Cure, Manic Street Preachers) et son manager entendent parler de cette voix hors du commun, mais ce n’est qu’au moment de rencontrer Alessandro en personne que ces derniers découvrent que le chanteur qui leur a été recommandé est en réalité un frère franciscain.

Mike Hedges travaille sur l’album à Abbey Road. Lorsque Frère Alessandro se rend aux célèbres studios, il prend l’avion pour la première fois de sa vie. Dans son quotidien, le Frère travaille à la basilique Sainte-Marie-des-Anges comme menuisier-ébéniste, qui accueille quelques six millions de visiteurs chaque année.

Frère Alessandro devient ainsi le premier Frère de l’histoire musicale à obtenir un contrat d’exclusivité avec une major. Ayant fait voeu de pauvreté, Frère Alessandro n’acceptera cependant aucune rémunération des ventes de son album et son quotidien ne changera pas. Les revenus iront aux oeuvres caritatives de l’ordre franciscain.

Découvrez ci-dessous cette voix qui monte vers le Ciel avec le magnifique « Panis angelicum ».

L’opus en question : »Frère Alessandro, la voix d’Assise »

Starisé comme il l’est sur la photo de couverture de l’album, Frère Alessandro risquerait bien de lancer la mode des robes de bure. Car ce n’est pas seulement sa voix qui attire : c’est bel et bien une personnalité qui tranche. Seul hic : on ne pourra pas le suivre sur les réseaux sociaux ni assister à ses concerts, il faudra juste faire un petit voyage un peu plus au Sud.

Ces chants sacrés tracent un chemin inédit entre tradition et modernité, avec une pièce originale signée Paul Mealor (celui qui a composé Ubi Caritas pour le mariage du Prince William et de Kate Middleton). Des accents profondément mystiques pour ces chants qui portent les prières millénaires de l’Eglise catholique, une voix chaude qui met le feu à la partition : impossible de rester de glace face à cet italien épris de musique électronique, de Bach et de Michael Jackson, qui a tout quitté pour épouser la pauvreté dans son couvent franciscain d’Assise.

Un moine franciscain peut-il devenir une star ?