[Toute La Culture du clip] Apes & Horses – Smalltown boy (Bronski Beat cover)

4 juin 2016 Par Antoine Couder | 0 commentaires

Snapshat story

La route est sombre et le chant un peu enrhumé mais on connaît la musique. Les paroles du tube de Jimmy Somerville sur lequel s’escriment des générations de chanteurs à voix n’ont pas besoin d’être expliquées. Elles sont presque devenues le storyboard des campagnes de lutte contre l’homophobie, dans ces petites villes où garçons et filles gay peuvent se sentir incompris et isolés. Warhol en sait quelque chose et Morrissey aussi, comptable qu’il reste des lettres enflammées que lui adressent chaque jour ses fans forcément désespérés. Mais il y a dans Smalltown boy une telle mélancolie sur ce que l’on pourrait appeler « le chemin à parcourir », que l’on dépasse le simple point de vue communautaire. La course évoquée dans la chanson – récit de fuite devant le gang homophobe puis de retrouvailles avec les proches- est aussi un voyage sans retour, vers la grande ville certes tolérante et accueillante, mais qui coupe définitivement d’avec le passé et les racines. Passage à l’âge adulte et réincarnation progressive de la pop dans une musique électronique nouvelle, ironiquement appelée house music. C’est de cela dont il s’agit ici, dans cet étirement du corps en fuite qui finit par disparaître totalement dans une sorte de création abstraite. Passage de la tradition à la modernité, du corps entier à un corps « étiré » réduit à un mouvement spéculatif non seulement du fait de la stigmatisation mais pour le coup, de la technologie qui elle aussi « étire » les individus dans le temps des réseaux électroniques. Il y ainsi une sorte de snap dans cette nouvelle version du garçon de la petite ville (la petite vile ?). Une « compression suicide » qui capture quelques minutes le mouvement de fuite avant que celui ne se fonde dans le décor numérique et que ne disparaisse sous nos yeux celui qui n’est pas né au bon endroit.

Clip réalisé par Nyima Cartier


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