Tellurique Sonia Wieder-Atherton portée par l’énergie vitale de Nina Simone

23 mars 2016 Par Bérénice Clerc | 0 commentaires

Sonia Wieder-Atherton fit flotter l’âme de Nina Simone et sculpta la lumière du soleil en sons avec Bruno Fontaine et Laurent Kraif pour un concert unique à La Philharmonie de Paris.

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Du plus profond de la terre vient l’énergie, elle est là partout depuis la nuit des temps et les jours les plus anciens où la première cellule se développa mais n’est pas toujours visible, perceptible, elle apparait à certains moments de grâce dont fit partie le somptueux concert du dimanche 13 mars.

Le soleil était là, chaud, sur les hauteurs de la Philharmonie de Paris, les lunettes de soleil ornent les visages et les sourires semblent perceptibles. Chacun va en salle de répétition, car c’est ici que Sonia Wieder-Atherton a donné rendez-vous avec Bruno Fontaine et Laurent Kraif pour convoquer l’énergie tellurique de Nina Simone. La salle est comble, une sorte de U se forme, les rayons du soleil lèche l’espace avec délicatesse et beauté.

Nina Simone est inimitable, son souffle, le feu qu’elle fit brûler, le langage qu’elle inventa dépasse toute envie de la réduire à sa couleur, son corps de femme et pourtant tous ses combats elle les mena loin, très loin et même s’il existent hélas encore elle gronda de toute sa sublime violence pour que le monde soit meilleur et l’art une langue universelle.

Un souffle, une passion, le son commence par quelques braises, de morceau en morceau le public s’envole, les flammes légères caressent les oreilles et tous les sens sont en éveil. Un grand feu de joie brûle bientôt dans la salle comme si le son sortait du centre et traversait tous les corps des spectateurs pour créer un son commun, une énergie emportée et salvatrice.

Les spectateurs retrouve la fantaisie de l’enfance, le haut des corps et les pieds dansent, Nina Simone est là dans toutes les notes, les rythmes et les souffles et avec elle toute la violence, les déchirures et les puissantes relevailles de la vie humaine. La lumière devient son, le son éclaire, les oreilles chantent et les voix dansent.

Les musiciens s’amusent, prennent du plaisir, partagent, offrent, arrachent chaque note comme une pépite vitale pour que l’humanité vive encore malgré les douleurs. La voix de Nina Simone devient violoncelle, le violoncelle devient voix, la poésie des percussions de Laurent Kraif module les textures avec le piano élégant de Bruno Fontaine. La Philharmonie devrait programmer plus souvent ce type de concert.  Ce spectacle devrait être joué partout, les très jeunes, les moins jeunes, les humains doivent vivre ces moments uniques et rares où respirer ensemble d’un même souffle est une évidence peu importe sa couleur, son âge et son milieu. Ici tout n’est que désordre et beauté, luxe, emportement et volupté !


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