Sonia Wieder-Atherton, Jacques Higelin arrachent la beauté du monde

28 janvier 2015 Par
Bérénice Clerc
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Sonia Wieder-Atherton et Jaques Higelin mêlent leurs âmes, leurs grâces et leurs talents pour faire naître la poésie du monde, vibrante, vivante, fragile comme une étincelle pour allumer la flamme et le bonheur humain. L’Amphithéâtre de la Philharmonie a la grande chance d’abriter cet objet spectaculaire les 27, 28 et 29 janvier.

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Sonia Wieder-Atherton est rare, Jacques Higelin le sait, il le raconte des étoiles dans les yeux, il voit sa photo dans « Libé », va voir son spectacle au théâtre de l’Atelier, tombe sous le charme de l’artiste, ensorcelé par son violoncelle il veut la rencontrer, le hasard fait bien les choses, puis il ne peut pas ne pas travailler avec elle, croiser leurs poésies devient une évidence.

Une première collaboration donne naissance à « Château de sable » sur le dernier album d’Higelin mais il lui en faut plus, Higelin lui propose d’inventer un spectacle joué trois jours pour l’amphithéâtre de la Philharmonie et souhaitons leur ainsi qu’aux spectateurs d’embrasser les scènes de France, d’Europe et même du monde !

L’Amphithéâtre est plein, la salle est calme, une sérénité flotte dans l’air. La scène intime est couverte d’un tapis, un tabouret, un fauteuil, des pupitres, une lumière rectangulaire au sol comme pour lire les radios des âmes, des cœurs et des émotions de spectateurs.

Sonia Wieder-Atherton et son violoncelle entre à jardin, Jacques Higelin à cour, elle tire sur un fil et la lumière centrale fût ! Chacun prend sa place, tout est simple, le silence prend l’espace, la grâce plane déjà.

Dès la naissance du premier son Sonia Wieder-Atherton nous happe, impossible processus à décrire, elle aspire le monde dans ses cordes, son corps, son souffle s’occupent du reste et les spectateurs ne se dérobent pas, ils chevauchent avec elle la sauvagerie et la beauté de l’instant.

Ici et maintenant la vie, ici et maintenant le premier cri, ici et maintenant l’éternité rare et inaccessible. Jacques Higelin lit ses textes, il dessine lui aussi les contours rugueux, sauvages et essentiels de la vie. Des regards, des sourires, des mots, des sons, des rythmes, du bonheur, de la gaité, de la profondeur sont offerts aux spectateurs avec un plaisir partagé de la scène à la salle.

Pas d’égo, de l’essentiel, il faut absolument partager la beauté, encore et toujours, les vagues, l’océan, les mères, les pères, le tonnerre portent le monde et la lumière.

Ce 27 janvier résonne, la libération du camp d’Auschwitz il y a 70 ans, la barbarie ronge encore les corps et les esprits des survivants, de leurs proches, de nous tous, la barbarie se niche ailleurs, change de forme, elle rode toujours aux quatre coins du monde, un moment de beauté comme ce spectacle donne la force, l’énergie, la vigilance nécessaire pour habiter le monde encore et toujours, tenir encore et toujours.

Cet objet unique et spectaculaire n’a rien de grave ou solennel, Jacques Higelin et Sonia Wieder-Atherton sont dans la vie, drôles, présents, des morceaux du sublime spectacle Odyssée de Sonia rencontrent les textes de Jacques, leurs rires se croisent, ils partagent avec la salle ce moment de plaisir et de joie. Jacques Higelin bout de l’intérieur, son énergie phénoménale rencontre la puissance du jeu de Sonia Wieder-Atherton et son violoncelle unique. Ils créent une belle osmose, jamais les spectateurs ne décrochent. Higelin déclare sa flamme avec fougue, un sourire, un regard, une respiration, Sonia Wieder-Atherton est une très bonne comédienne muette !

Chaque morceau de violoncelle est comme arraché au monde, sauvage et violent, le son se démultiplie, impossible de savoir d’où il part et où il va, il est là et c’est beau. Les spectateurs applaudissent souvent jusqu’au triomphe final, on en voudrait encore, une dose de bonheur, d’art, de beauté, de création de vie ça n’a pas de prix si ce n’est celui de la rareté ! Espérons que les maisons de musique, de théâtre et d’art en tous genres sauront programmer de plus en plus ces genres de pépites hors format, libres pour faire vibrer de nombreux spectateurs dès le plus jeune âge et partager la pensée en musique, mots, jeu… Il vous reste deux jours pour voir et entendre ce miracle, n’hésitez pas laissez-vous aller aux plaisirs partagés !