La sélection POP-ROCK-INDÉ-ELECTRO-RAP du mois de Juin 2018

26 mai 2018 Par
La Rédaction
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Chaque mois, la rédaction musique de Toute La Culture.com fait le tri parmi ses coups de cœur « pop ». Place à la musique du peuple ici, où les guitares croisent autant les pads que les violons. Enjoy!

The soleil – Fred Poulet      

Le come-back du soleil et de tout le reste, la guitare électrique en liberté et cette envie de faire du bruit, beaucoup de bruit autour de textes hauts en couleur et écrits dans une langue qui oscille entre Molière et Bobby Lapointe. Avec ce premier EP, l’inclassable Fred Poulet fait son retour en beauté, sous label Dernière Bande (Rodolphe Burger)  pour une petite fessée récréative à l’usage des jeunes générations. Un traité de savoir-vivre à la française c’est-à-dire à la rime mijaurée et pince-sans-rire, explosive et sans explication. Une première série de titres qui préludent à un album en septembre qui pourrait bien renchérir dans le proto tube (Pornoricain). Retrouvant l’univers Rock, la voix de Poulet s’est encore tendue,  rebondissant à la façon d’un jeu vidéo pour téléphone sur  une musique fleurie, signée Maxime Delpierre (Vincent Courtois, Thomas de Pourquery), beat rythmiquement insidieux et  toujours imparable , faussement simple, qui garantit forcément le coup de soleil. En concert le 16 juin au Walrus café, 34 TER Rue de Dunkerque, 75010 Paris.( Antoine Couder)

So Calyspo – Calyspo Rose 

Aux racines du reggae jamaïcain, il y a le ska. Et aux racines du ska, il y a la calypso, de l’île voisine de la Trinidad. Depuis 1972, Rose McCartha Linda Sandy Lewis, « Calypso Rose », en est la reine. A 78 ans, son dernier disque s’inscrit dans le sillage du précédent album, Far From Home, produit par l’immense Manu Chao, infatigable metteur en lumière des plus grands noms de la musique sud-américaine et africaine. So Calypso reprend ici des joyaux des îles de la deuxième moitié du XXème siècle pour les ciseler à nouveau, voix et voie intemporelles. « Rum and Coca-Cola », « Rivers of Babylon », « Underneath The Mango Tree »… Douze titres, tout sauf vintage, aux rythmes parfaits, mélodies envoûtantes, joies immenses et nostalgies caraïbes pour un été inoubliable. Elle sera à la Cigale le 19 septembre pour les partager. Nous aussi ! (Vincent Fournout)

Caballero & JeanJass – Double Hélice 3
En plus d’une pochette fantastique, le contenu de l’album s’avère très bon également ! Samples du Roi Heenok, bonne bouffe, weed, rap… Double Hélice 3 s’inscrit comme un condensé de tout ce qu’aiment Caballero & JeanJass. Même sur ce troisième opus, ils continuent d’étendre leur spectre musical.

En effet, le morceau Bae avec Hamza sonne comme une nouveauté, un style estival sur lesquels on ne les attendait sûrement pas. D’autres morceaux semblent plus familiers comme le featuring avec Romeo Elvis ou la très bonne connexion avec Sofiane sur le titre ALZ.


Les fans de la première heure de Caba et JJ regretteront probablement quelques facilités de placements et de rimes sur certains morceaux. Le hit Dégueulasse, sur une prod de Stromae, est un peu à l’image de ce changement : une écriture volontairement simplifiée, au profit d’une musicalité plus pop, plus dansante. A noter le très bon outro La lettre pt.2, une référence explicite au duo Lunatic. Les deux Belges s’imaginent un futur fantasmé, s’écrivant une correspondance qui relate leur vie de retraités du rap. Le projet suit l’évolution des deux précédents et est agréable à écouter !
(Mathieu Michel)

Lost & Found – Jorja Smith

On l’évoquait dans l’émission Chaos x TouteLaCulture du mois de mai: la britannique Jorja Smith est la relève incontournable de la soul outre-Manche et dans le monde. Vendredi matin, elle dévoilait ENFIN son premier opus, tant attendu. Les journalistes musiques du monde se sont arrêtés pour écouter ce que Smith a dans le ventre. Et c’est plutôt bon, voire très bon. Dans l’album Lost & Found, la jeune chanteuse explore un thème en fil rouge: celui de la perte et de la découverte de soi. Elle revient comme mécaniquement voire maladivement à cette dualité. À chaque fois qu’elle se trouve, quelque chose la fait chuter de son nuage.
Elle cultive un son à la fois jazzy et soul joliment rétro qui s’acoquinerait presque avec un R&B nostalgique. Le tout bercé par une voix envoûtante, sensuelle. Elle frôle les notes, les embrasse avec une facilité déconcertante. Mention spéciale pour le freestyle Lifeboats, dans lequel le côté jazzy de Jorja Smith ressort complètement.

En l’espace d’un titre, elle nous dévoile un nouvel univers, le sien emprunt de sensualité et d’onirisme. Bienvenue sur une nouvelle planète, celle de Jorja Smith. (Donia Ismail)

 

Image à la Une : Caballero & JeanJass