Warning Signs, l’album de Rootwords qui détonne et avertit

18 avril 2018 Par
Alexia Blick
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Il avait écumé les scènes du monde entier après le succès de son album « The Rush » sorti en 2014 Rootwords revient avec un nouvel opus, « Warning Signs ». Un projet éclectique, tant au niveau de l’instrumentalisation qu’au niveau des sujets abordés mais qui reste régulier dans la qualité des morceaux. 

« Warning Signs », en anglais, ce sont les panneaux de signalisation qui vous incitent entre autre à ralentir et Rootwords aime prendre son temps pour produire son art. Mais warning signs ce sont aussi les signes avant-coureur de la fin, si ce n’est du monde, d’un monde, celui contre lequel lutte l’artiste américano-zambien. Si la musique a une place prédominante dans cet album de 13 titres – conçu avec les musiciens de The Block Notes – ce sont les paroles et le message qu’elle délivre que l’on retient le plus. Surfant sur des instrumentales électroniques et/ou old school qu’il mêle à la perfection, l’artiste aborde tous les thèmes récurrents du hip-hop, l’amitié, l’amour ou encore la critique de la société, en apportant sa patte artistique et son flow particulier. Un flow dont il use dans le titre A Matter of Time pour apporter un message d’espoir à la nouvelle génération. Rootwords nous incite à croire en nos rêves pour, un jour, s’élever au rang des plus grands. Mais si le rappeur réfléchit et faire réfléchir son public sur le monde qui l’entoure, il pratique aussi l’introspection et aime revenir à ses racines (d’où viennent ses mots à en croire son nom). Dans Diaspora dernier morceau de l’album, Rootwords délivre ses sentiments sur de vrais instruments même si la basse est toujours électronique. Il nous fait voyager à travers les cultures qu’il a appris à connaître : celle de ses ancêtres en Zambie, celle de son pays de naissance les Etats-unis mais aussi la culture européenne dans laquelle il baigne en Suisse. Le rythme de cet album est savamment étudié pour pouvoir l’écouter d’une traite, sans être épuisé ou, au contraire, s’ennuyer. Et si l’alternance entre morceau à ambiance et réflexion marche aussi bien, les featurings y sont pour quelque chose. Au milieu de l’album, la voix de l’asiatique J Fever, vient étonner le temps d’un morceau qu’il interprète seul. Le champion de freestyle, amène au rap un côté très technique et pointu. Quant à l’autre featuring de l’album, en duo cette fois-ci, avec le rappeur sud-africain Robin Thirdfloor, il amène un côté plus innovant tout en conservant les codes du rap us. C’est justement entre ces deux univers, le hip-hop classique et la musique électronique que se place, « Warning Signs » comme un avertissement venu du passé pour éclairer notre futur.

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