[Live-Report]: Venomous 2000 à Music Avenue

26 juillet 2016 Par Antoine Roynier | 0 commentaires

Music Avenue, dans le 11eme arrondissement de Paris, accueillait vendredi dernier Venomous 2000 pour un concert dans la pure tradition du hip-hop des années 1990. Le rappeur a attiré une centaine de personnes qui, pour la plupart, n’avaient jamais entendu parler de lui auparavant.

Un bout de trottoir, des platines, un microphone, des enceintes, le décor est planté. La mise en scène du concert de Venomous 2000 devant le Music Avenue à Paris le 22 Juillet paraît minimaliste mais rappelle les premières années du hip-hop à Paris. Ce n’est certainement pas un hasard car la volonté de l’artiste est de revenir aux fondamentaux du rap. On l’entend tout au long de son street-show où il chante les titres de son dernier album Will to Power (W.T.P). Sur ce quinze titres, les caisses claires claques, les kicks vous prennent au ventre et les hi-hat résonnent dans votre boîte crânienne. Tout cela rend la musique du natif du New Jersey calibrée pour la scène. Les habitants du 11eme arrondissement s’en rendent comptent quelques minutes après le début du live et ne peuvent s’empêcher de rester pour regarder la prestation de l’artiste.


Pourtant, il n’est pas facile lors de ces « concerts sauvages » pour un artiste, connu dans les années 1990 sous le nom de bloc party, d’être assez charismatique et fédérateur pour attirer les curieux. Mais le pari est réussi pour Venomous 2000. Les spectateurs affluent doucement. Pendant le premier quart d’heure, on ne compte pas plus d’une vingtaine de personnes, puis cinquante au bout de trente minutes et environ une centaine lors de la dernière heure (décompte non-certifié par les syndicats de police). Pourtant pas évident pour le rappeur, vêtu d’un t-shirt floqué du visage de Martin Luther King et Malcom X, de se faire comprendre en anglais face à un public qui ne le connaît ni d’Eve ni d’Adam. Mais il faut dire que le message véhiculé par celui qui est instituteur en parallèle de sa carrière artistique a de quoi captiver les foules.

Les lyrics et le discours entre chaque chanson de Venomous 2000 sont engagés et politisées. Il le revendique clairement lorsque nous l’interviewons : « le message fédérateur dans le hip-hop est très important. C’était d’ailleurs ce que revendiquait la Zulu Nation dans les 1970 ». L’homme aux tempes grisonnantes semble alors se placer dans la continuité d’Afrika Bambaataa et ses comparses. Sans pour autant critiquer ses collègues rappeurs qui ont choisi une voie plus commerciale : « ils doivent nourrir leur famille ». Toutefois, le trentenaire ne se « prend pas pour un prédicateur ». Il espère comme même répandre ses idées prônant l’unité, la solidarité et la paix lors de sa tournée européenne dont Paris était la première date.

« Développer le mouvement Hip-Hop »

Ce tour du « vieux continent », le MC le subventionne tout seul grâce à ses économies. Car Venomous 2000 est un artiste indépendant. Il espère alors vendre ses disques pour financer son voyage.

Cette initiative plaît à Francesco, le propriétaire depuis une vingtaine d’années de Music Avenue. Un disquaire comme il n’en existe plus. Un vrai passionné de musique et plus particulièrement de Hip-Hop. Son magasin est rempli de CD et de vinyles d’artistes indépendants et plus mainstream. Il se félicite de ce concert organisé en collaboration avec le tourneur de Venomous 2000 : « l’événement a été formidable […] et l’artiste a mis le feu ». Un véritable accomplissement pour Francesco dont la volonté première est de développer « le mouvement » parce qu’il se souvient de l’époque dorée des débuts du hip-hop en France « où les gamins des cités, après avoir regardé «  H.I.P.H.O.P. « , avaient arrêté de se taper dessus pour faire des figures de breakdance sur des cartons ».

Visuel: ©Instagram


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