[Live report] Nekfeu à L’Olympia

5 janvier 2016 Par Elie Petit | 0 commentaires

Dernière date de la tournée pour Nekfeu, à l’Olympia. Une salle renversée par le flow insaisissable du rappeur parisien, bien entouré.

Longue longue file devant l’Olympia, ce lundi soir. Les multiples contrôles de sécurité y sont pour quelque chose, pour le premier gros concert rap de l’année, reporté, après les attentats qui ont frappé Paris le 13 novembre dernier. La foule guillerette se situe plutôt dans la vingtaine, hors les parents accompagnant des petits. On attend Nekfeu, auteur de l’un des albums les plus écouté de 2015, après avoir pendant des années fait vriller les oreilles de la ville avec ses précédents groupes, 1995, et le S-Crew.

Deux premières parties précèdent le show. D’abord Phénomène Bizness, deux rappeurs à l’énergie folle et aux paroles empruntes de « Wesh mon gars, Wesh ma gueule ! » . Une réussite. La foule répond avec force et fierté aux « Ici, c’est.. Paris ! ». Et puis, Joon, rappeur venu de Los Angeles, qui emmènera moins bien la salle mais dont les prestations seront remarquées pendant la suite de la soirée, aux côtés du maître des lieux.

« Martin Eden » ouvre le bal et ses punchlines hurlées par la foule (« Y a que quand j’suis premier que j’reste à ma place » et « J’vais transformer en S dollar le S du S-Crew ». Puis « L’Egérie », où Nekfeu raconte sa revanche face au monde de la haute couture qui veut le happer. La vitesse est infernale, le flow assourdissant. « Y’en a qui connaissent ce son ? » demande malicieusement, Ken Samaras de son vrai nom, au public surchauffé.

Pour « Tempête », il propose à la foule de faire un grand cercle, pour pogoter, par trois fois, dans « l’œil du cyclone ». Sur l’installation vidéo, des éclairs, du feu, une nuit inquiétante. Et toujours ces phrases qui ont marqué les amateurs de rap cette année (« Avis d’tempête, ici, on est vite tentés / On veut finir du bon côté d’la vitre teintée /Ah ouais, je sais que t’as envie d’tâter?/ Les fonds et les formes pourvu que ça vide ta tête »).

Et comme il le dit, Nekfeu ne vient « Jamais seul ». Se produiront à plusieurs reprises les membrés déchainés du S-Crew, de L’Entourage et de 1995 (prononcez 1-9-9-5). La fidélité et la générosité de celui qui est sorti en premier du lot. Avant « Risibles amours », chronique des risques de l’amour que raconte le chanteur. Puis « Princesse », portrait de la modern girl du années 2010.

Entre quelques pas de Hip hop de ses danseurs, et quelques interludes, Nekfeu annonce à chaque fois les potes qui se succèdent, ceux en coulisse et les prochains clips et collaborations à venir. Une année sous le signe de son label, Seine Zoo.

« Ma dope », entonné comme un hymne par la foule laisse la place à « L’heure du freestyle », excellente impro où Nekfeu montre ses talents exquis pour dessiner en rimes ce qu’il voit autour de lui. Avant de rendre hommage à son instructeur en la matière Alpha One, dont il se défini comme un humble élève.

Joon est de retour sur scène et Nekfeu enjoint les bilingues (sic), oui ceux qui portent des « casquettes NYC » à chanter avec eux. Des rappeurs entrent dans la foule réunies dans la fosse, des balles rouges surgissent et volent de longues minutes durant entre les jets de fumée et les paillettes.

Nekfeu n’oublie personne, le beatmaker de « Deux-Trois », « Egérie » et de « Matin Eden » est amené sur scène pour être ovationné, avant « Etre humain » et ma Plume, sortie sur la réédition de son album Feu.

« Nique les clones Part II » est un grand moment de cohésion, souvenir d ‘école et vue sur une société qui crée des personnes formatées. Moment émotion avec « Reuf » et les « Mal aimés ». Pour enfin finir sur « On verra bien », grandiose.

Nekfeu sera-t-il un des grands du rap français dans les années à venir ? C’est déjà tout vu !

Visuel : (c) ÉP


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