A Tribe Called Quest : « We Got It From Here… Thank You 4 Your Service »

9 mars 2017 Par
Jean-Christophe Mary
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Aux côtés de De La Soul, Arrested Development, The Roots fût l’un des pionniers du hip hop intelligent des 90’s. Dix huit ans après leur séparation, le groupe du Queens sort un nouvel album .

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En 1990, quand le nom de A Tribe Called Quest entre dans la légende, le rap est une musique qui se vit et se fait sans complexe depuis déjà une bonne vingtaine d’années. Un mode d’expression et un style qui ne cesse d’évoluer pour conquérir un public toujours plus large. Au début des 90’s, le rap ressemble à cette jeune culture urbaine que l’on retrouve dans toutes les banlieues du monde, à cet hybride, à ce transfuge que les irréguliers de tous poils aiment bien écouter car ils en sont les principaux acteurs. Le rap naît à la fin des années 70 quand les premiers Dj’s investissent les rues de Harlem, du Queens et du Bronx. Le succès foudroyant d’artistes tels Public Ennemy, Ice Cube ou encore les Beastie Boys fait du hip hop un genre nouveau qui explose à la face de la planète, balayant d’un coup les codes et la mécanique bien huilée du rock. Dans la foulée de cette réussite humaine et financière, la porte est alors grande ouverte. A Tribe Called Quest fait parti de cette deuxième génération qui va révolutionner le hip hop « Old School » et obtenir le titre de « groupe de rap le plus intelligent des années 90 ». Avec ses messages philosophiques et ses samples issues de du jazz et de la musique noire américaine, A Tribe Called Quest propose un hip hop plus mature et se démarque du punchline hardcore du gangsta rap. Le collectif du Queens sera même l’un des premiers à critiquer le gangsta rap et la tournure machiste que prenait le rap en général à cette époque. Leurs paroles se focalisent sur des problèmes abstraits et sociaux comme le mot « nigger, signifiant « négro » en français, le viol et la société de consommation. Composé initialement du rappeur et producteur Q-Tip, du chanteur MC Phife Dawg a.k.a. Phife Diggy (Malik Taylor), du DJ et producteur Ali Shaheed Muhammad, et du rappeur Jarobi White le groupe entre dans la légende en révolutionnant le style jazz-rap orchestré par De La Soul dès son premier album en 1980. « The Low End Theory » sorti l’année suivante sera l’album le plus cohérent certainement le meilleur de ATCQ. Suivront trois autres albums une appartion triomphale au festival Lollapalooza à l’été 1994 et après la publication de « The Love Movement », le groupe se sépare en 1998. On désespérait de réentendre un jour ces samouraïs du rap, empereurs de la tchatche et sorciers du mix. C’est donc avec un plaisir extrême qu’on apprend leur retour
via ce nouvel album sorti l’automne dernier.
Dix huit ans après, rien a changé ou presque. On retrouve ici ces ambiances jazz, mais aussi les messages politiques tels « The Killing Season » qui dénonce les violences policières visant les noirs aux États-Unis. . Dès « The Space Program »,on retrouve ces beats sautillants, le flow saccadé des trois MC. En décennies, si le monde a changé, l’esprit ATCQ est lui resté intact. Certains titres tels « Dis Generation », « Black Spasmodic » ou encore « Ego » renvoient à la période « Midnight Marauders » sorti en 1993. Notons au passage deux invités inattendus venus du pop rock : Elton John et Jack White. Mais cet album pourrait bien être le testament du groupe puisque Phife Dawg est décédé quelques mois avant la sortie de cet album suite à des complications dues au diabète dont il souffrait depuis longtemps.

Jean Christophe Mary

Disc 1
1-The Space Program
2-We The People….
3-Whateva Will Be
4-Solid Wall of Sound
5-Dis Generation
6-Kids…
7-Melatonin
8-Enough!!

Disc 2
1-Mobius
2-Black Spasmodic
3-The Killing Season
4-Lost Somebody
5-Movin Backwards
6-Conrad Tokyo
7-Ego
8-The Donald


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