Quinze chansons, le nouveau Delerm

4 novembre 2008 Par Yaël | 5 commentaires

Vincent DelermLe rétro mou de Vincent Delerm n’a pas changé d’une note. « Quinze chansons », le nouvel album du chansonnier à la voix traînante est à réserver aux afficionados.

La nostalgie trentenaire de Vincent Delerm ne bouge pas. Conservée dans le formol de sa voix chuchotante et dans ses paroles référentielles, elle s’adresse toujours au même public de bobos parisiens. Cette nostalgie est déclinée à un pluriel  franchement singulier : nostalgie des années 60 jamais vécues dans « Tous les acteurs s’appellent Terence »; de l’Angleterre provinciale des clichés de Martin Parr dans la chanson composée en l’honneur du photographe Britannique qui avait fait un tabac à la MEP, il y a deux ans; du tacle jamais réalisé à l’euro 2008 par Patrick Vieira ; et bien sur des amours qui passent, légères et rousses devant les terrasses des cafés parisiens, ou bien avec des bracelets rouges à la picine municipale.

Comme d’habitude chez Delem, l’ennui du quotidien a la force tranquille de références chics. Quand on aime, c’est plus mignon qu’ « un urinoir de Marcel Duchamp bébé », et on lit Marc Lévy et Kundera dans les bras de sa mie. Le premier single, « Un temps pour tout » est représentatif de l’album : Delerm y  vouvoie son amour aussi passé que le temps des Michocos, persistant et signant l’éternelel répétition d’un quotidien à demi-vécu dans un bain de culture télérama.

Alors que les duos de « Favourite songs » pouvaient séduire toutes et tous, l’an dernier, on conseilleera donc « Quinze chansons » aux fans inconditionnels de Delerm. Aux autres on dira de s’abstenir… et aussi de ne pas critiquer trop sarcastiquement. Il faut du courage finalement pour entreprendre une éternelle répétition des mêmes micro-phénomènes. Et c’est peut-être la façon dont Vincent Delerm fixe cette vie minimale et néanmoins si fuyante sur ses CDs.

Vincent Delerm, « Quinze chansons », Tôt ou Tard, 17 euros.


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

COMMENTAIRES:

  1. Emmanuel

    Je ne suis pas d’accord sur le fait qu’il faille avoir du courage pour sortir un tel album. Au contraire il est le reflet de la paresse mais surtout des limites de ce chanteur (euh, compositeur).
    Et puis Delerm me tue et tue mes idoles : après Patrick Modiano et François Truffaut voici qu’il noie une seconde fois François de Roubaix et démolit à nouveau le Shea Stadium. Pourquoi tant de haine pour mes idoles ?
    Un album parfaitement inutile et indéfendable à mes yeux tant Delerm surf sur sa notoriété et le succès de son gentil premier 45t.
    http://ilestcinqheures.wordpress.com/

  2. elodie

    I like your analysis and mannner of speaking, thank you for this interesting ticcket, it s always nice to visit this beautiful blog :)

  3. Ping : (Live report) Granville et Mustang au Point Éphémère : la scène indé française mise à l’honneur - toutelaculture.com

Laissez un commentaire: