Primal Scream, passeurs pop

24 juillet 2008 Par admin | 0 commentaires

Après un Riot City Blues plutôt raté en 2006, le plus schizophrène des groupes anglais revient avec un neuvième album, Beautiful Future.

Nombreux sont ceux qui voudraient connaître le secret de la longévité de Primal Scream. 26 ans (!) après sa création, le groupe parvient encore à rattraper le wagon de la hype en faisant sa mue tous les deux ans. A chaque livraison, les écossais fascinent autant qu’ils agacent. Tandis que les fans crient au génie, les sceptiques pointent du doigt un groupe sans personnalité, une énorme éponge capable d’absorber 50 ans de pop culture pour la recracher dans un single de 3 minutes. Il faut le reconnaître, Primal Scream a joué le rôle du moine copiste avec un brio certain, en revisitant l’acid house (Screamadelica, 1991) ou les Stooges période Bowie (XTRMNTR, 2000). Mais en 2006, leur relecture piteuse du blues de Robert Johnson (Riot City Blues) a laissé craindre la panne d’essence. A force de remonter le temps, le groupe s’était-il heurté à un mur ?

Pour son neuvième effort, Primal Scream a décidé de contourner l’obstacle en faisant le pari de l’album-patchwork. Comme une mise en abyme légèrement nauséeuse, Beautiful Future propose un panorama très élargi des influences du groupe, des rythmes motorik du krautrock (Can’t Go Back) aux saillies glam (Beautiful Future) en passant par l’électro claustrophobe façon Suicide (I Love to Hurt (You Love to Be Hurt), en duo avec Lovefoxxx de CSS). Après avoir repris les 13th Floor Elevators, Bobby Gillespie se paie même le luxe du fantasme de fan en invitant la mamie folk Linda Thompson sur Over & Over. D’une certaine façon, on pourrait se risquer à avancer que Primal Scream a anticipé la génération Internet, celle des encyclopédistes de Youtube et Limewire. Les raisons de son incroyable régularité au plus haut niveau est peut-être à chercher de ce côté-là.

Primal Scream – Beautiful Future (B-Unique)


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments