THE1975 en concert, l’art de colorer votre soirée

21 juin 2017 Par
Donia Ismail
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Le groupe britannique de rock alternatif, The1975, revenait en France, une fois de plus, à l’Olympia pour un concert magique et coloré! Pile ce qu’on avait besoin dans ces périodes sombres et tristes. Toute La Culture vous fait revivre 1h30 de plaisir!

Formé dans le sud de Manchester il y a quinze ans, The1975 est l’un de ces groupes de rock alternatif au leader totalement charismatique qui possède la scène, la maîtrise.
Le groupe britannique a foulé hier les planches de la scène mythique de l’Olympia -sans surement le savoir-. Après un premier album éponyme qui avait séduit les critiques outre-manche, le deuxième album, i like it when you sleep for you are so beautiful yet so unaware of it, lui est plus plat et répétitif. Loin de la folie proposée The1975, le dernier opus stagne dans un même style et ne propose rien de nouveau. Un défi de taille! Séduire le public avec un album en de-ça de ce qu’on attendait.

La salle était pleine: des Français, des Britanniques, des Espagnols… et même des Américains étaient présents une bière à la main. Les « cheers mate » s’entre-choquaient tout au long de la soirée. Après une première partie plutôt prometteuse, les lumières s’éteignent brusquement. Un rectangle violet apparait suivi d’un son assourdissant, dérangeant sur les bords. Un coup de batterie retentit, et nous voilà partie pour 1h30 de concert.

C’est avec leur premier single, Love Me, que débute le show, une chanson groovie, aussi douce qu’un bonbon et qui donne d’emblée envie de se trémousser. Le groupe issu de Manchester ne lésine pas sur les dépenses en matière de scénographie: des blocs colorés composent la scène formant des sortes de compartiments où chaque membre se trouve. Une scène qui illumine voire éblouit les spectateurs. L’ensemble de la salle se trouve sous la lumière des néons du décor: pas un seul recoin n’échappe au rose proposé par la scénographie. Au rose, se succèdent le bleu azur, le noir, le blanc… Le réel bonus des concerts de The1975 réside bel et bien dans la mise en scène: chaque détail compte, une réelle esthétique se dégage: envoutante, électrique, éblouissante.

Les musiques s’enchainent les unes après les autres. Les spectateurs sont enivrés par les rythmes dingues et entrainant proposés par le groupe. Bien loin de la monotonie de l’album studio, le live redonne un second souffle -bien mérité- à ces chansons qui deviennent dansantes. Ouf, on a évité le pire. Malgré les a priori qu’on a pu avoir, le live leur offre une fraicheur, une dose de folie qui fait du bien! Les spectateurs dansent aux rythmes des chansons du nouvel opus mais aussi du tout premier qui les a fait connaître: s’enchainent alors She’s American, Paris, Chocolate, Girls… Une fête, voilà l’ambiance qui règne à l’Olympia. Les fans reprennent en choeur les paroles. C’est le cas de Loving Someone, devenu en un instant l’hymne des LGBT. Les premières notes retentissent, la scène change de couleur: c’est un réel arc-en-ciel qui se dessine. Les fans hurlent, scandent le refrain « You should be loving someone » (« tu devrais aimer quelqu’un »).

Ce qui attire le regard, malgré le kaléidoscopique artistique qui habite la scène, c’est l’attitude du chanteur. Nonchalant et décomplexé, il danse sur ses propres chansons, mimes ses paroles, entre en contact avec le public. Il disparait, réapparait quelque secondes plus tard une cigarette au bec et un verre à la main. Il est dans un autre monde. C’est un ovni artistique qui hante la scène, la possède dans son entièreté. Une casquette cache sa chevelure légendaire. Il la découvre à mi-chemin. Cardigan noir, pull over-sise et jean, ses habits font certes négligés mais sont en totale harmonie avec le personnage: un dandy anglais, intentiné défoncé -surement à cause des verres qu’ils s’enfilent au fil du concert-.

Au milieu du concert, il s’arrête, regarde le public et se lance dans un long monologue quasi messianique. Impossible d’échapper à l’allusion à l’attentat du 22 mai: « Art is about self-expression so when these places are attacked… It’s fucked up. « Music transcends ethnies, sexualities, religions…». (« L’art, c’est l’expression de soi donc quand [les salles de concert] sont attaqués… c’est tordu. La musique transcende les éthnies, les sexualitiés, les religions…»). Alors que les premiers coups de batterie sonnaient la reprise du fil du concert, Matty s’écrit « Ne commencez pas la chanson! ». Il s’étale, semble vouloir raviver la flamme militant de chacun. Ses derniers mots sont: « Donald Trump, Theresa May, allez vous faire foutre ».

The Sound fait trembler une dernière fois les planches de l’Olympia: dernier coup de batterie, dernier accord de guitare, dernier mouvement du bassin du chanteur. Les lumières s’éteignent. Après un concert haut en couleur -littéralement-, on se sent comme transporté dans un autre univers, celui de The1975: barge, éclectique et qui fait un bien fou!

visuel: ©/cc/instagram/the1975