Television à la Philharmonie : Reflet dans un œil d’or

3 avril 2016 Par Antoine Couder | 0 commentaires

C’était jour de fête samedi 2 avril 2016 à la Philharmonie de Paris avec cet unique concert européen des mythiques Television venus revisiter Marquee Moon, leur album non moins mythique joué de bout en bout avec un petit bonus pour une heure trente de fanatique liesse. Le groupe est quasiment en formation d’époque à l’exception de Richard Lloyd remplacé par Jimmy Rip notamment connu pour travailler sur les disques solo de Mick Jagger. La foule est compacte, masculine et plutôt quinquagénaire. On croise Rodolphe Burger, Thurston Moore et Jacques Pellet, notre disquaire préféré du 17ème arrondissement (All access, 3 rue Brochant).
Note de la rédaction :

Marquee Moon ? Un disque important non seulement pour son génie propre (absolument rien n’est à jeter) mais également pour la place innovante qu’il tient dans ce moment punk (1976) et le lien qu’il parvient à conserver avec la période précédente. Epopée urbaine autour de deux guitares qui tricotent ensemble, se fâchent puis se réconcilient, Marquee Moon rappelle autant Horses de Patti Smith (1976) que Houses of the Holly de Led Zeppelin (1973) et à l’écoute du live, on a même envie de citer le Diamond Dogs (1974) de David Bowie qui semble curieusement hanter le son du groupe.
Même si l’on a pu s’inquiéter comme certains, de ces « solos millimétrés, exécutés par des papys Grévin venus ramasser la monnaie », fort est de constater que lesdits- papys « conservent un sacré sens du manche ». La magie acoustique de la Philharmonie aidant, Television a rempli son contrat bien au-delà de ce que les plus inquiets auraient pu craindre.

La ligne narrative des guitares s’est un peu rétractée comme si on voulait la muscler de l’intérieur, non pour la retenir comme sur le disque mais simplement la tenir. Le son est bien le même; il est un peu plus huileux et s’affiche faussement erratique sur cette espèce de bitume électrique des années CBGB dont le public était venu chercher ce soir les derniers saints sacrements. Seule la voix de Tom Verlaine qui accuse les années ne tient pas la comparaison avec ce blues retourné en glapissements plaintifs qui faisait l’étrangeté de l’album. Si l’on voulait être un peu méchant, on pourrait également pointer un petit syndrome ZZ Top dans cette formation de 2016. Mais c’est peut-être à cause des chapeaux qu’arborent Rip et le bassiste Fred Smith ? « Non, ça n’a rien à voir m’a finement déclaré mon voisin : s’ils portent des chapeaux c’est parce qu’ils sont chauves et s’ils sont chauves, c’est la preuve qu’ils sont humains ». Et leur musique aussi.

visuel : Flight Case Print


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