« Recto Verso », les foules sentimentales de Paradis

21 septembre 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

Voilà enfin ! Il est là ! Paradis,  le groupe composé de Simon Mény et Pierre Rousseau sort vendredi son premier album Recto Verso chez Barclay. Allez, viens, on danse un slow, tu veux ?

Note de la rédaction :

Depuis 2011, leur son qui croise le dance floor (début de soirée) à des paroles (un peu) désespérées égraine des tubes aux paroles entêtantes ( que l’on connait par cœur sans s’en rendre compte). C’est peut être « Garde le pour toi » qui marque le climax de cette ascension avant production. Le morceau archétypal du groupe impose sa recette : de longues nappes électroniques auxquelles s’ajoute la voix douce, au limite du parlé. D’ailleurs, Simon Mény et Pierre Rousseau le savent bien et ont placé ce tube pile au milieu de cet excellent album.

Alors la question qui se pose est,  à quel point eux deux connaissent tout Chamfort ( dont ils reprennent « Paradis » dans une version moins efficace que l’originale car trop aseptisée), Souchon et Voulzy.  Les chansons ne parlent que d’amour inavoué, de relations qui plantent, de dialogues impossibles. Le tout aussi célèbre « Toi et Moi » en est le symbole parfait. :

« Un petit peu toi et moi
Je sais plus, je sais pas »

Là où ils nous surprenent vraiment c’est quand leurs beats se font dance floor mais cette fois milieu de soirée plutôt. Que ce soit avec « Miroir 2″ ou « De semaine en semaine », ils osent toujours et encore imposer leur mélancolie mais cette fois en ne refrénant pas nos pieds qui ne peuvent pas s’empêcher de gigoter.

Recto Verso est une petite révolution dans le monde de la chanson française en pleine effervescence. Entre le symphonique d’un Superpoze, les pianos-voix de Cléa Vincent ou Juliette Armanet, on trouve ici une nouvelle fusion délicieuse. L’album aux douze titres équilibrés permet de retrouver les chansons que l’on écoute depuis deux ans et d’en découvrir de nouvelles tout aussi efficaces ( « Instantané », « Quand tu souris »)

Et puis ces deux garçons ont le sens des choses quand il s’agit de parler d’amour :

(…)

Faut pas rougir des sentiments
Tu sais c’est pas si compliqué
C’est si simple en réalité
Foutue superficialité
C’est sophistiqué
En surface calibré
Précisément pour te donner un peu plus de classe (…) ( « Recto Verso »).

Et puis ils ont eu la bonne idée de caler presque à la fin « Contours », un vrai slow du XXIe siècle à peine chanté.

Mais il ne faudrait pas croire que Recto Verso parle d’un amour heureux. Ils bouclent leur histoire avec « Chacun pour soi »:

(…) Pourquoi isolé dans l’anonymat tout ça se décide chacun pour soi (…)

Ils dépriment, mais gardent les BPM intactes, on continue alors de dodeliner en portant avec nous la dose de tristesse contemporaine inhérente à notre époque.

Recto Verso s’écoute de A à Z, à l’ancienne, comme au siècle dernier, avec une langueur toute douce qui fera du bien au vague à l’âme. Il ne faudrait pas les voir comme des nostalgiques. Ils ne le sont pas. Ils sont les héritiers du meilleur de ce que les années 80 ont produit : des mots et du rythme, ensemble. Ils ont fait leur tout cela pour offrir ce son qui les rend reconnaissable au premier accord. C’est un bon signe cela non ?

Paradis, Recto Verso, 23 septembre, Barclay.


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