Marr au sommet

25 mai 2018 Par
Melissa Chemam
| 0 commentaires

Johnny Marr a donné un concert spécial dans l’écrin de la Gaîté Lyrique, à Paris, jeudi 24 mai 2018, pour le lancement de son nouvel album, Call The Comet. Un retour salué avec bonheur par une jauge de fans de tout âge, enchantés par le talent hors norme du guitariste de légende. On en redemande !

Par Mélissa Chemam

Johnny Marr est maintenant Johnny Marr. Après avoir connu une célébrité débridée au début des années 1980 avec le groupe The Smiths, après avoir joué pour les plus grands, dont Paul McCartney et The Pretenders, et formé ou rejoint plusieurs groupes, il se présente désormais sous son simple nom. Il aura fallu trois décennies à Marr pour venir « centre stage ».

Armé d’une superbe guitare Fender en glitter argenté, le musicien de Manchester a entamé son set d’une heure en retard, mais en trombe. Avec le premier extrait de son prochain album, ‘The Tracers’, et une chanson des Smiths, ‘Bigmouth Strikes Again’. Suivis de deux morceaux, avant d’introduire son nouveau single, ‘Hi Hello’ avec un peu d’humour : « Je les appelle toujours des ‘single’, je sais qu’on ne dit plus ça ! Je suis au courant pour Spotify et consort… » ‘Hi Hello’, un titre à la composition entrainante, un rock au accent indépendant digne des plus belles heures des Smiths.

Ce concert est en effet destiné à introduire son nouvel album intitulé Call The Comet – son troisième en solo – aux publics britannique, européens et américains. Il sort en France le 15 juin chez New Voodoo. Un album pensé en réaction aux vagues conservatrices qui plombent le monde politiquement mais qui lui a été inspiré en rêvant justement « à une société alternative située dans un futur proche ». Un style qu’il décrit comme son « propre réalisme magique »…

La magie de sa performance agit en tout cas ! Il parle peu mais est très présent. Il introduit la chanson suivante comme « a disco song from Manchester, England » : il s’agit de ‘Getting Away With It’ qu’il interprétait avec le groupe Electronic. « Walking away in the rain just to get wet… I love you more than you love me »… Mélancolie pop du nord anglais.

Alternant avec un instrument bleu électrique, le guitariste, entouré d’un batteur, d’un bassiste et d’un seconde guitariste, montre à quel point il mérite son titre de « guitar hero ». Il t annonce ensuite une chanson politique, « contre un certain gars à la Maison Blanche »… « A fucking wanker ». Et enchaîne avec le titre ‘Easy Money’, la petite bombe rythmique de son deuxième album Playland.

Avec l’énergie d’un jeune homme et l’humilité d’un talent qui en a vu d’autres, Johnny Marr est content d’être à Paris. Il introduit ensuite les membres du groupe e puis nous dit : « You know my name is ‘J’en Ai Marre’… ? Les gens m’ont toujours dit, ‘tu sais ton nom en français’… » Et il sourit. « Enough of my story. This song is called ‘Rise’… » Et il reprend la guitare bleue.

Le groupe nous remercie enfin. Le concert touche à sa fin. Et quel meilleur morceau pour le clôturer que ‘How Soon Is Now’ ?

« I am human and I need to be loved… Just like anybody else does »… Une chanson dont on rêve qu’elle ne prenne jamais fin. Ce titre inoubliable, c’est Johnny Marr qui le composa pour The Smiths et il dit souvent qu’il est la chanson dont il est le plus fier. Ce soir, sa performance vocale fait taire les nostalgiques du chanteur Morrissey… Le groupe reviendra bien sûr pour un rappel mais la chanson résonne encore…