[Live Report] Iggy Pop au Grand Rex pour le Post Pop Depression Tour

16 mai 2016 Par Elie Petit | 0 commentaires

Qui a fait trembler les étoiles du Rex ? C’est Iggy ! Qui a écrasé ces milliers de tympans ? C’est Iggy ! Qui a fait briller les yeux, devant le corps maigre et moite d’un iguane dansant ? C’est Iggy ! Récit.

Sur 3 étages, et dans une fosse improvisée devant le premier rang, le public du grand Rex attend de voir défiler devant lui un spectacle dément qui agite le monde du rock depuis les années 70. Un chemin semé d’embuches qui conduit Iggy Pop a présenter cette année son Post Pop Depression Tour. Explicite.

Hurlements. Des chœurs tribaux, brutaux et derrière se tape une pulsation violente. L’enregistrement donne le ton primal d’où sort la rage qui se prépare en coulisse. Le public hurle quand entre sur scène Iggy, pantalon et veste noire cintrée d’un bouton, sur son torse nu. Lust for Life, la joie de vivre. Retour en 77. Le stand du micro est déjà à terre. Il a volé. Autour d’Iggy, 4 musiciens costumés haut rouge bas noir et Josh Homme, en maître. En noir, c’est Matt Helders, batteur des Arctic Monkeys.

Sur Midnight Lady, la salle résonne tant le son est puissant. Elle transpire véritablement. Les fronts se font humides, se frottent aux bras retroussés. Iggy prend la pose, lance ses vibrati hurlants et se décide, déjà, à enlever le haut. « Fucking thank you for coming ! » lance-t-il. Il continue ses mouvements bizarres. Sa voix vient de loin.

Sixteen pour achever d’évoquer l’album de 77. Et puis, In the Lobby, pour le premier titre de son nouvel album. «  It’s all about the kicks / And it’s all about the dancing pricks / And it’s all about the clowns / And it’s all about guns ». Des kicks, il en donne dans un nombre incalculable de mouvements tous inclassables. Et caractéristiques. Souvent en direction d’un tas d’amplis qui semble être une cible de prédilection.

Il continue d’égrener son dernier né, le 17ème. Sur Some Weird Sin, tous sont debouts, à tous les étages, agitant la tête de haut en bas , tout le corps. Peu se rasseyent sur les confortables sièges de cinéma. Tout le groupe entonne de manière répétée un « Fuck Everything » et Iggy se jette de manière inattendue dans la foule. Elle le porte et lui, torse vers le plafond, adresse un long doigt d’honneur à la salle. Qui apprécie. Il remonte et se jette à nouveau. Puis encore une fois. Son dessous rouge apparaît. Il repart se remettre droit derrière les amplis, boit un coup et se verse l’eau sur la tete.

Dans Tonight, co-écrit par Bowie, on croit entendre les cris, les intonations, la voix même du génie décédé en ce début d’année. Des amis et alter égos, des années allemandes, il ne reste qu’un, qui joue l’autre, plus vivant que jamais. Josh Homme poursuit ses solos maitrisés, charismatiques. Iggy salue le public et étend par là même sa panoplie de gestes.

Bien sûr le Passenger, mythique ! Le tout est très puissant et les 3 guitares électriques de Sunday y contribuent. Iggy jette à nouveau le stand du micro cette fois sur un ampli qui s’écroule. Sur German days, des bruits de sonars géants. Iggy est à la fois vieux et jeunes, musclé, maigre et petit-bedonnant. Comment donner son âge à un iguane ? Dans la salle, des quarantenaires bien tassés mais aussi quelques jeunes, biberonnés au rock de leurs parents. Sur certains visages, les griffures de la vie et les âmes belles qui reprennent le sourire.

Partout, un combat contre la dépression et l’adversité. « I’ve been fighting all my fucking life, and I don’t even know why ! ». Et il multiplie ses tentatives pour leur échapper, de différents coups distribués dans le vide à ses accouplements avec les murs d’enceintes. Pour finir cette sequence, il dégrafe sa ceinture et montre une partie de ses fesses.

Plongée en 77 dans The Idiot avec Mass Production, Nightclubbing sur un tabouret qui ne tiendra pas longtemps. « Wanna fuck ? Come on let’s do it ! » hurle-t-il rigolard. Les balcons vibrent, il se jette à nouveau dans la foule comme on se recouche les jours fériés. Avant de se rappeler qu’il doit poursuivre son concert. Avec China Girl, à nouveau sa voix à pleine puissance et la présence fantomatique de Bowie qui en avait fait une version.

La pause est brève. Il revient seul, se cabre. « Iggy ! Iggy ! Iggy !! » ils hurlent. Lui, répond par des mouvements de ninja. Il descend dans le public pour Break into your heart au milieu du public et en revient 4 minutes plus tard. Depuis le debut, un fan hardcore, T-Shirt blanc lunettes noires, tente de le toucher, lui attrape la jambe, mal filtré par la sécurité qui el laisse s’échapper et le suivant durant son passage, fendant l’assistance surchauffée.

La suite n’est que tempête et destruction. Baby puis une explication sur son travail sur William Burroughs sur lequel il fera un documentaire. Quand Iggy hurle, on hurle, quand Iggy parle, on se tait. Le silence est assourdissant et permet seulement de prendre conscience des acouphènes qui suivront le concert.

Iggy parle de jouer un morceau de Josh Homme, fondateur des Queen of The Stone Age et membre des Eagles of Death Metal. Il n’était pas au Bataclan le 13 novembre mais le public, comprenant le symbole, l’applaudit à tout rompre.

Enfin Paraguay, pour partir loin, Success pour revenir dans le temps. Iggy majestueux, montre à nouveau son slip rouge. L’ovation est géante, à l’image de ce monstre. Il ne veut pas sortir de scène, se ballade, se jette une dernière fois, joue avec les décors, fait des ombres chinoises.. Tant qu’Iggy s’amuse, nous…

Visuels : araso


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