[Live-Report] General Elektriks, Emily Loizeau, Birds on a wire… au 40e Printemps de Bourges

16 avril 2016 Par Yaël | 0 commentaires

Toute La Culture était au Printemps de Bourges, ce vendredi 15 avril 2016 pour couvrir la 40e édition du festival. Au programme de cette douce soirée : la voix folk de Emily Loizeau, la mélancolie globale du projet Birds on a wire, l’électricité de Lilly Wood & the Prick et la pêche pop et solaire des General Elektriks.

Départ de la capitale en vacances oblige, l’arrivée en voiture à Bourges a pris un peu plus de temps que prévu. Nous avons donc malheureusement raté le concert d’un des artistes qui nous a le plus marqués ces derniers mois, Bachar Mar-Khalifé (lire notre live-report de son concert au Silencio). L’orfèvre des mélanges entre classique, musique traditionnelle arabe et electro planante partageait la scène sage de l’auditorium avec le non moins planant Noiserv et les minimaux  Mansfield.tya.

Lorsque nous arrivons dans la ville de Jacques Coeur, la nuit s’approche doucement et malgré une humidité certaine, le printemps fête résolument ses 40 printemps. A 34 euros le ticket pour entendre 10 groupes (Lucius, General Elektriks, Synapson, Lily Wood & the prick, Caravan Palace, The Avener sous la large tente du W et Billie Brelok, Soom T, La Yegros, Odezenne et Naâman dans le cadre plus structuré du Palais d’Auron), le Happy Friday a attiré un très large public, vraiment venu pour faire la fête et danser. Quand nous arrivons retirer les accréditations, le talentueux Hervé Salters et sa bande de General Elektriks annoncent déjà presque que l’été est là avec leur énergique son post-sixties qui réconcilie toutes les générations.

Nous quittons assez vite ce cœur battant du festival pour nous rendre à l’un de ses plus beaux lieux de concerts : l’Eglise Saint-Pierre, place de Clamecy, qui accueille deux concerts intenses, sous ses voûtes du XVIe siècle. C’est là qu’accompagnée d’un guitariste et d’une choriste, Emily Loizeau rend un bel hommage à Lou Reed, le chanteur du Velvet Underground disparu il y a 3 ans. Toute de noire vêtue, la chanteuse accorde sa voix folk aux accents du chanteur et son clavier prend tout de suite les plus jolis virages de l’album culte Transformer avec une version un peu dark et très touchante de « Sunday Morning » suivi de l’incontournable « Walking on the wild side ». Entrecoupant son hommage musical de textes poétique de Lou Reed, c’est à un véritable portrait vivant que Emily Loizeau nous convie. On y apprend qu’à mourir pour mourir ou à mourir pour des idées, autant en choisir une aussi jolie que la musique (et plus particulièrement le rock) que les « Pale blue eyes » de la magnifique chanson du Velvet étaient en fait des yeux de femme aimée, mais… couleur noisette! Les riffs de la guitare qui accompagnent la chanteuse accentuent ce rappel de l’influence de la beat génération. La lumière s’allume et l’on passe à quelque chose de plus solaire et de plus nostalgique, qui pointe vers l’influence du blues et aussi de la comédie musicale de Kurt Weill sur l’art de Lou Reed. Un hommage aux « Chelsea girls », une petite performance courue de la choriste de Emily Loizeau et l’on a l’impression d’être entré profondément dans la question de savoir ce « que devient une légende ». Seul petit regret à l’écoute de ce bel hommage : dans la nef de l’église, les micros déformaient parfois les sons et l’émotion; cela nous aurait privé de la guitare si rock’n roll, mais de l’acoustique aurait peut-être encore renforcé l’impression si puissante de communion.

Entendre à nouveau Emily Loizeau à Bourges, c’est possible et dès ce soir, samedi 16 avril 2016 à l’auditorium. Elle y sera aux côtés du blues rétro de Ala.ni (lire notre chronique) et des mots forts de Raphaële Lanadère pour une entrée en scène à 18h30. Et c’est son nouveau projet, Mona, qui sera à l’honneur.

Après une bonne quinzaine de minutes très concentrées des équipes du festival, la scène est changée et le décor des deux Birds on a Wire est planté. Depuis plus de 4 ans, la chanteuse Rosemary Standley (Moriarty) et la violoncelliste Dom La Nena parcourent les routes d’Europe avec ce projet très original et très riche : revisiter un répertoire qui couvre le monde entier et une époque qui va du baroque à nos jours pour faire vivre ou revivre des chansons « populaires », qu’il s’agisse de Purcell, Landi, Leonard Cohen (le fameux « Birds on a wire »), Tom Waits, Fairouz, des chansons politiques brésiliennes et des berceuses créoles. Méditatif, sublimé par les couches de violoncelles de Dom La Nena et le timbre magnifique de plus en plus impressionnant de Rosemary Standley, ce concert a pris encore des heures de vols et a gagné en pureté, en beauté et en émotion. Un grand coup de cœur qui nous laisse encore bouleversés et admiratifs alors qu c’est la troisième fois que nous assistons à ce petit miracle de musique inter-culturelle. On attend beaucoup de leur passage à l’orchestre symphonique prévu pour le Festival de Saint Denis, le 20 juin 2016!

La traversée nocturne de la ville fait chaud au cœur de voir la douceur et le nombre des jeunes et des moins jeunes venus entendre de la musique et buvant quelques bières dans les rues pavées. De retour dans l’enceinte originelle du Printemps de Bourges, nous les voyons danser comme des petits fous menés sous la tenture et à l’extérieur de l’immense salle du W par l’énergie des Lilly Wood and The Prick. Alors qu’en lionne charismatique, et en cropped top très années 1990, la chanteuse Nili Hadida transmet une flamme irrésistible, le public semble d’ores et déjà connaître le nouveau titre « Box of noise » et s’enflamme littéralement à l’interprétation du tube « Prayer in C ».

Profitant de la douceur un peu humide du soir pour manger quelques huîtres et boire un très bon vin de Touraine, nous nous attardons près de l’espace pro qui ne désemplit pas de journalistes et musiciens visiblement très joyeux et presque aussi heureux d’être là que les adolescents qui dansent comme des fous sous la pluie aux sons rétros irrésistibles de Caravan Palace.

Alors que la foule est trop nombreuse pour que nous puissions atteindre le Palais d’Auron où le reggae de Namaân fait faire la fête aux festivaliers, nous nous glissons à temps au 22 ouest pour assister au dernier concert. Et découvrons l’énergie rock’n roll et rétro, ainsi que les paroles assez « what the fuck » en français des Liminanas. Une jolie découverte qui vient clôre une bien belle soirée du vendredi au Printemps de Bourges et nous fait pas mal regretter de ne pouvoir rester jusqu’à la fin du festival…

visuels : YH


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