[Live report] Faroe & Ry X au Divan du Monde

10 mai 2016 Par Bastien Stisi | 1 commentaire

Au sein d’un Divan du Monde devenu, le temps d’un set minimaliste et idéal, cathédrale solennelle et attentive (ou « quiet and silent », comme il le résume joliment lui-même), on assistait hier soir à la présentation de Dawn, le premier album merveilleusement sensible de Ry X. Et ce fut beau.

Faroe : mondes sans frontières

Beau, aussi, et équilibré, comme le set de Faroe qui ouvre la soirée à 20 heures, ce Caennais déjà vu il y a quelques semaines au Badaboum et issu de la grande mafia pop et électronique caennaise (Fakear, Concrete Knives, Superpoze, Samba de la Muerte, Fulgeance…) qui, via un premier EP au nom évocateur (Words, qui emmène effectivement bien loin), interroge lui aussi le grand écart qui peut exister entre l’idée de bruit (« Blast ») et l’idée de silence (« Quiet »), éléments contraires et pourtant bien complémentaires. Productions electronica, chant qui rappelle Wild Beasts (et qui se fait parfois R&B, comme sur « Feel the Need »), beats aux sensations ascendantes pour terminer (« Blast »). Set de plus en plus assuré, applaudissements, et puis Ry X.


Ry X : descentes perchées

On dispose alors sur les quatre coins de la scène quelques bougies rougeoyantes. Et on éteint les lumières bien sûr. Le chaman océanien et son look « hippie-hipster » (bonnet vissé sur la tête, barbe épaisse, très long manteau, tee-shirt sans manche, colliers tribaux…) peut alors faire son entrée, en silence et devant un public déjà suspendu à des lèvres qui n’auront souvent qu’à produire qu’un murmure (et sa guitare qu’un accord) pour que l’on reconnaisse et que l’on salue bruyamment (les seuls moments de bruit sont là) ces morceaux issu de ce premier album tout juste sorti mais qui comporte tout de même en lui quelques épisodes déjà connus (« Howling », qui étrangement, apparaissait déjà dans une version allongée sur Sacred Ground, mais aussi « Shortline » et le merveilleux « Berlin », reconnu par les mélomanes du coin en moins d’une seconde et demie).

Premier album en solo donc, on le disait, mais en réalité, troisième album en trois ans pour l’hyper productif australien Ry Cuming, que l’on avait déjà vu il y a deux ans à la tête du projet The Acid (avec Steve Nalepa et Adam Freeland), et l’an dernier à la tête d’Howling (avec Frank Wiedemann du groupe Âme), ce projet-ci représentant le plus dépouillé des trois, proposé sans autres fioritures que celle que le songwritter propose avec sa guitare (parfois acoustique, parfois électrique, toujours caressante), avec quelques arrangements complémentaires (un batteur et un claviériste sont là, dans l’ombre), avec quelques silences (car ceux-si sont partie intégrante des compositions originales) et avec sa voix, tendre, sensible et hautement perchée.

Perché aussi, Ry X lui-même, ailleurs quoique bien présent devant le public de « la plus grande des petites salles parisiennes » (selon le slogan pré établi) comme si interpréter ce qu’il interprète (à savoir, ce folk lacrymal au timbre tellement bouleversé) ne pouvait avoir lieu sans écarter, au moins un peu, l’esprit de ce corps qui demeurera quasiment immobile, religieusement prostré dans un équilibre mesuré. Apothéose sur « Only », sur « Haste », sur « Lean ». Une apothéose d’une heure, en fait.

Pas de montée, on restera en descente. Ce qui n’empêchera pas de graviter très haut au sein d’un live absolument pur et magnifique.

Visuel : (c) DR


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