[Live report] Faroe & Chairlift au Badaboum

9 mars 2016 Par Bastien Stisi | 0 commentaires

Hier soir, dans un Badaboum qui affichait sold-out, les New-Yorkais de Chairlift présentaient à la capitale leur troisième album studio, le dénommé MOTH, réservé avant tout, et comme sa traduction française l’implique, à ces papillons de nuits bien décidés à s’extraire du noir afin d’y trouver la lumière.

Faroe : sensations concrètes

Issu de la grande famille pop caennaise Concrete Knives – Adrien de Samba de la Muerte, qu’il accompagne sur scène, sort pour sa part dans les jours à venir son premier album – c’est d’abord Corentin Ollivier (accompagné par un pad sur scène) et son projet solo Faroe qui introduisent le concert. Et les langages adoptés par ce premier EP, sorti en début d’année – qui se nomme donc Words – seront ceux de la folktronica tribale (la filiation du collègue Samba), de l’electronica verticale (la filiation Superpoze, autre caennais), du R&B lacrymal (la filiation James Blake), vocables complémentaires quoique divers toujours parcourus par un chant qui le rapproche, cette fois, de Wild Beasts ou de Glass Animals. On termine par « Blast », ce premier petit tube auquel la sono du club n’aura hier pas franchement rendu grâce, mais qui laisse présager, incontestablement, la perspective de jolis lendemains.

Chairlift : papillons pop et groovy

Et puis, après la lévitation folktronica, la montée soudaine, et le basculement des sensations de la tête aux gambettes, puisque ce troisième album de Caroline Polachek et de Patrick Wimberley (un saxo intervient aussi sur les morceaux les plus groovy), s’avèrent encore plus pop que ses prédécesseurs. En témoigne ce « Romeo » punchy et ultra efficace par lequel débute le live, ou ces « Ch-Ching » et « Crying In Public », qui permettent à la grande animatrice de la soirée, dont on notera l’accent français irréprochable (peut-être poser sa voix aux côtés de Sébastien Tellier l’aurait-elle aidé), d’imposer sa vitalité scénique largement communicative.

Dans le public, ça groove et ça voltige comme ce papillon de nuit déjà évoqué (dommage que les jolis motifs utilisés pour les besoins de la pochette d’album ne figurent pas sur scène), et de grandes clameurs satisfaites accueillent l’arrivée des tubes les plus connus du duo, de l’imprononçable mais imparable « Amanaemonesia » (de l’importance de certaines lignes de basse…) à la pop synthétique et tribale de « I Belong In Your Arms » (excellemment remixé, par ailleurs, par le Barcelonais John Talabot), de « Sidewalk Safari » au très curien « Bruises », ce single parfait via lequel la plupart avaient dû découvrir le groupe lors de la sortie de son premier album, paru en l’an 2008.

Onomatopées pas idiotes et sucreries sans caries (et même sur le très madonnesque « Moth To The Flame », période « Holiday ») : ce papillon-là passera la nuit. Et contrairement à ces semblables hétérocères, pas forcément connus pour la longévité de leur existence, souhaitons-lui une bien longue vie.

Visuels : (c) B.S.


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