[Live report] Civil Civic au Silencio

8 juin 2016 Par Bastien Stisi | 0 commentaires

Quatre mois avant la sortie de leur second album (qui verra donc le jour en octobre), les deux Australiens de Civil Civic, qui n’ont toutefois pas dû traverser la moitié du globe pour se rendre parmi nous hier soir (le guitariste Aaron Cupples habite à Londres et le bassiste Benjamin Green à Barcelone), étaient hier soir de passage dans l’antre toujours très privée et très classieuse du Silencio.

Et avec eux, un troisième membre fait de boulons et de boutons (une boîte à rythmes couteau-suisse), moins remuant que ses deux compères (surtout Benjamin, pile électrique) mais tout aussi fondamental, disposé au centre de la scène et qui rappelle, parce qu’il ressemble à un robot carré pourvu d’yeux électroniques, un cousin lointain de wall-E, ce petit robot sensible créé par les studios Pixar et qui se retrouve, manque de bol, à nettoyer les déchets d’une planète qui n’est plus habitée depuis un bon bout de temps. Sauf que cette boîte à boulons-là (qu’ils ont amicalement surnommé « The Box »), véritable animal de compagnie pas tellement domestiqué, elle paraît plutôt en produire, des déchets, dans le sens « noise » du terme du moins, puisqu’elle contribue à répandre ces productions post-punk cradotes, longilignes, électroniques et saturées qui défileront durant l’heure que passeront les deux Océaniens sur la petite scène du club parisien. Bruit et fureur.

Pendant cette heure, on y entendra quelques effluves de ce second album qui arrive (dont « The Hunt », le premier extrait dévoilé qui prend son temps avant d’exploser), et aussi d’autres issus de Rules, ce premier album qui avait fait connaître le groupe il y a cinq ans, et qui avait, déjà, autant évoqué les guitares héroïques de Ratatat (comme eux, les New Yorkais composent et jouent tout en duo) que les boucles cliniquement grabataires de Fuck Buttons (on ne s’étonnera d’ailleurs pas d’apprendre qu’Aaron a bossé avec Blanck Mass, moitié de FB) ou les mélodies exécutées aux synthés des groupes du label mancunien Factory Records (Orchestral Manoeuvres In The Dark, notamment). C’est le cas surtout pour ces deux morceaux géants interprétés afin de clôturer le concert, « Run Overdrive » et « Airspray », les deux « tubes » (pour ceux qui considèrent qu’il peut exister des tubes dans ce genre-là) incontestables du groupe et leurs gimmicks mélodiques qui que l’on sifflote encore (dans l’esprit, pour ne pas paraître bizarre dans la rue) quelques heures encore après la fin de toute cette histoire. Les stroboscopes clignotent, la fumée continue de se répandre, et certains dans le public, après s’êtres montrés bien discrets, hurlent, leur joie d’être ici, là, maintenant. La force irascible des tubes.

Ce second album s’appellera The Test. Et celui d’hier soir, étape parmi d’autres, aura été réussi avec panache. Prochain galop d’essai ce soir à Lille (à La Malterie) et demain de nouveau à Paris (au Petit Bain).

Visuel : (c) BS


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