« Let it glow » : Rover à l’Olympia

25 mars 2016 Par Mathias Daval | 0 commentaires

Trois ans après son premier album auréolé d’un vif succès critique, Timothée Régnier alias Rover a sorti son nouvel opus « Let it glow » à l’automne 2015, qui est maintenant en tournée. Il était à l’Olympia ce jeudi 24 mars pour une date unique.


Nominé aux Victoires de la musique 2016 dans la catégorie album rock de l’année, « Let it glow » relève le défi compliqué d’un deuxième album, celui qu’on attend au tournant et qui ne peut plus bénéficier de l’effet de surprise du premier. Bien que bluffant, on avait pu reprocher à ce dernier son côté patchwork fourre-tout. 17 morceaux aux influences bigarrées, tous composés et interprétés (à l’exception du batteur, l’excellent Arnaud Gavini), par Rover en personne, pieuvre multi-instrumentiste.

« Let it glow » tient d’un projet plus « concept », plus resserré, plus homogène. La photo de la pochette et son look sur scène confirment le choix d’une esthétique néo-warholienne glam-rock. En interview, Rover cite volontiers Bach, Gainsbourg et la cold wave. C’est qu’il est imbibé d’influences, au sommet desquelles trône peut-être le monstre sacré David Bowie, ressuscité notamment par le morceau « Call my name ».

Pourtant Rover n’a rien d’un intellectuel rock ou d’un geek de l’histoire musicale des seventies. Il se laisse porter par ses envies. Il aime le roots, l’authentique, à tel point qu’il laisse parfois bruits de fond et approximations lors des enregistrements (qu’il aime d’ailleurs effectuer à l’ancienne, en analogique). Résultat : la plupart des voix de l’album se contentent des premières prises, en dépit des imperfections avouées.

Tout cela n’a plus aucune importance en live, puisque ces aspérités font partie de l’ambiance. A 36 ans, lunettes de soleil et blouson de cuir sur la scène de l’Olympia, on le sent dans son élément. Vocaliste protéiforme, il étire son chant qui est tour à tour voix de tête éthérée, roulement rocailleux, ou sirop de crooner à vibrato nageant dans une reverb ample. Rover vénère les Beatles, et on retrouve dans son expression une fusion du yin-yang de Lennon et McCartney.

Comme souvent dans les concerts rock, les basses sont ici surmixées et les fréquences aiguës de la batterie un peu trop métalliques. Dommage, car « Let it glow », à l’image du morceau magnifique qui porte le nom de l’album, suppose une écoute attentive et précise. Les morceaux sont  construits autour d’alléchantes ruptures harmoniques majeures/mineures (des seventies, Rover a gardé la complexité des structures du prog rock et pas les trois accords du punk !). Paradoxe déconcertant : sur scène, la pop romantico-dépressive de Rover est à la fois exaltée et quelque peu engluée.

Let it glow, cinq7, Wagram Music
En tournée au Printemps de Bourges et au Mythos de Rennes. Voir toutes les dates sur : http://rover-music.com/


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