Le Paris Music festival dans la crypte de Notre-Dame de Paris

20 mars 2017 Par
Antoine Couder
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Fidèle à son projet de programmer des concerts dans les lieux les plus atypiques de la capitale, la deuxième édition du Festival Paris Music a permis à quelques privilégiés d’assister à une session live du brillant guitariste britannique Andy Cartwright alias Seabuckthorn.

seabuckthorn-paris-music-festival

Frustration. Peu avant 7 heures, samedi 18 mars au matin, Ziyed Ben Belgacem a fait l’objet d’un contrôle routier à Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise). Il a brandi un pistolet à grenaille et blessé légèrement un policier. Un peu plus tard, dans un bar où il a ses habitudes, il a menacé, tiré en l’air avant de repartir en direction de Vitry-sur-Seine où il a volé une voiture avec violence avant de se diriger vers l’aéroport d’Orly. Sous l’emprise d’un mélange d’alcool, de cocaïne et de cannabis, il a alors attaqué une jeune militaire arme au poing avant d’être finalement abattu vers 8h20. Plus d’une centaine de vols ont alors été annulés et 34 autres déroutés. Parti le matin de Bristol, Andy Cartwright a rejoint la crypte de Notre-Dame vers 16h30, avec deux heures de retard sur le programme initial ; il était nerveux, stressé, et s’est dit « frustrated», que l’on pourrait traduire pour l’occasion par « contrecarré ».
Thérapie. Il se lance alors dans un live d’une quarantaine de minutes, armé pour commencer d’une guitare 12 cordes dont il va extraire une série de morceaux de 6 à 7 minutes, à partir d’une rythmique lourde où se glissent ce qui ressemblerait à des improvisations. Motifs faussement répétitifs (on pense à Vini Reilly de Durutti Column et surtout, aux premiers opus de Matt Elliott , sous pavillon Third eye Foundation), les morceaux évoluent dans une ambiance musicale changeante, psyché et orientale, qui surplombe le simple registre folk à partir duquel semble vouloir s’inscrire le projet Seabuckthorn, en anglais « argousier », arbrisseau épineux dont les baies sont réputées pour leurs vertus thérapeutiques.
Résonance. Il se saisit ensuite d’une guitare à résonateur dont les vibrations des cordes sont transmises aux cônes par l’intermédiaire du sillet de chevalet. Ce qui permet de travailler un registre country ou blues est ici au service d’une musique sombre et parfaitement adaptée à la crypte (littéralement sépulcrale). On découvre un versant plus hypnotique de l’inspiration de Cartwright. Celui-ci utilise un archer pour produire un son compact qui rompt alors avec les fonctionnalités classiques de son instrument et nous emmène vers quelque chose qui pourrait être un orgue ou un piano, une musique d’orchestre plutôt que celle d’un instrument .
Confiance. Le talent du musicien est alors de nous arracher de notre zone de confort, créant une atmosphère mystérieuse mais pourtant référencée qui enlève toute mélancolie à ce que la démarche initiale peut présupposer. Seabuckthorn est ainsi cette alchimie qui transforme la tristesse profonde en liesse légère, en sentiment de confiance, dont on aimerait penser qu’elle est capable de soulager la solitude de ceux tels Ziyed Ben Belgacem qui vivait seul dans un quartier populaire de Garges-lès-Gonesse et que plusieurs voisins ont décrit comme un homme sombre et renfermé, que nul ne connaissait réellement.

Visuel : Paris Music


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