L’artiste avant-gardiste Alan Vega est mort

19 juillet 2016 Par Antoine Roynier | 0 commentaires

Alan Vega, pionnier du mouvement punk, est mort samedi à l’âge de 78 ans. Cet artiste américain toujours en avance sur son temps a marqué de son empreinte la musique électronique et la scène rock des années 1990 et 2000.

« Il était l’essence même de l’artiste à tous les niveaux imaginables. Toute sa vie a été consacrée à donner vie à ce que sa vision lui commandait de faire », a souligné la famille d’Alan Vega. Ce musicien, sculpteur et peintre est mort le 16 juillet à l’âge de 78 ans. Cette figure fondatrice de la « punk musique » était toujours à la pointe des modes musicales. En 1970, dans le but d’innover musicalement, il fonde un groupe, Suicide, avec Martin Rev. Dans leur premier album, sorti en 1977, les deux hommes mêlent sonorités rocks et électroniques. On entend alors les premiers synthétiseurs et boîte à effets des années 1970. Le titre Ghost Rider paraît, encore de nos jours, incroyablement moderne et reste un pionnier de la musique électronique. Les Daft Punk n’ont, d’ailleurs, jamais caché leur admiration pour le disque du duo New-Yorkais et plus particulièrement pour la chanson Frankie Teardrop.

Mais le succès de cette œuvre; considéré par Robert Dimery comme l’un des 1001 albums qu’il faut avoir écoutés dans sa vie, pousse Alan Vega à se mettre en retrait de l’industrie musicale. Il continue, néanmoins, à sortir des disques avec Martin Rev mais aussi en solo. Ses cinquième et sixième opus, Deuce Avenue et Power on to Zero Hour, sont encore une fois à la pointe des nouveautés musicales. Ils sont composés entièrement avec un sampleur. Chose assez rare à l’époque puisque cette machine, permettant d’enregistrer de courtes séquences d’un morceaux et de les rejouer afin de créer une toute nouvelle chanson, est principalement utilisée par les protagonistes du Hip-Hop. L’artiste de Brooklyn s’inspire, d’ailleurs, de ce courant musical pour le mélanger au métal, à l’électro et au rockabilly pour créer une musique crossover dont il avait le secret.

Son avant-gardisme ne se limitait pas à la musique. Ses talents de plasticien sont reconnus par les acteurs de la culture. En 2009, le musée d’art moderne de Lyon lui consacre une rétrospective « Infinite Mercy » où est exposée ses œuvres constituées de néon et de débris électroniques. Son art a parfois été mal compris par le public. Ce sentiment d’incompréhension, il le confit en 1992 à Eric Dahan lors d’un entretien à Libération: « J’aimerais bien vous disiez aux gens que je ne suis ni junkie ni quinquagénaire ».

Visuel: © Joao Friezas – Flickr


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