La sélection pop-rock du mois de novembre

3 novembre 2017 Par
La Rédaction
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Chaque mois, la rédaction musique de Toutelaculture.com fait le tri parmi ses coups de cœur « pop ». Place à la musique du peuple ici, où les guitares croisent autant les pads que les violons. Enjoy!

Nosfell : Echo Zulu

A la frontière de la danse contact, de l’électro minimaliste et de la variété post eighties le troublant Nosfell sort Echo Zulu, un disque intello, pour réviser l’histoire des guerres depuis l’antiquité et danser en même temps. Depuis enfant il note ses rêves, et à 14 ans, il inventait un langage. Bref à écouter. Vincent Fournout.

Actuellement en tournée dans toute la France, il sera le 15 novembre au Café de la Danse.

Olivier Mellano with Brendan Perry & Bagad Cesson – No Land/ Pias records

Issu de la scène expérimentale, l’inclassable Olivier Mellano porte haut l’ambition de faire et défaire tout ce qui peut titiller la création musicale. Avec ce nouveau projet, partition d’un peu moins de quarante minutes où le guitariste violoniste tient la basse, il déploie une composition hybride avec le concours vocal de Brendan Perry (Dead Can Dance), combinant l’esprit de la musique contemporaine et la recherche de soubassements plus anciens, folk peut-être, traditionnels sans doute, en invitant un ensemble de trente musiciens qui se partagent bombardes, cornemuses et percussions, sans oublier un chœur de vingt personnes. Impressionnant en live. Antoine Couder

NO LAND [olivier mellano / brendan perry / bagad cesson] from Olivier Mellano on Vimeo.

Warhaus Warhaus
Warhaus c’est donc le projet solo de Maarten Devoldere, membre de Balthazar. On a écouté en boucle We Fucked A Flame Into Being (2016) et ce deuxième album au nom égo-centré semble être la pièce manquante du puzzle précédent. On retrouve le crooner très contemporain toujours très soucieux de la composition musicale. Les duos avec Sylvie Kreusch (la chanteuse de Soldier’s Heart) sont parfaits (« Love’s A Stranger »), et les thèmes, classiques et bien menés (« Dangerous »). On devine les guitares (Pascal Deweze et Tijs Delbeke), les douces batteries (Michiel Balcaen), presque un violon et quelques autres percussions, on sait que ici, on joue pour de vrai dans une exhumation XXIe siècle de Léonard Cohen. Amoureux éternel, déçu, Maarten Devoldere est d’accord pour retomber dans le piège (« Fall in love with me »)

Amélie Blaustein Niddam

Nouvel album ‘Warhaus’. Sortie en CD+LP le 03 novembre (Play It Again Sam). En concert le 8 novembre à La Maroquinerie – Paris

HATER – Red Blinders

La musique d’Hater est comme sa pochette, elle hésite, elle est un peu timide peut-être. Mais on a envie de la garder tout au creux de nos oreilles ; elle nous donne envie de dodeliner du chef, d’en parler sans frimer à notre voisin de train, un sourire au coin des lèvres. De quoi ? Des notes déliées qui s’enchaînent faciles et jolies, de shoegaze ligne claire, rapidement accompagnées d’une voix de fille sympa, un peu inquiète peut-être, pas plus. Et puis tombe les références, Peter Hook et sa basse lourde qui se la joueraient modestes, Cocteau Twins et, enfin the XX. D’ailleurs c’est un peu le problème de Hater, de la musique de jeunes qui aimeraient ses vieux, comme XX donc. Mais bon, c’est la Suède, qu’on se dit qu’un jour, peut-être on s’y installera. Mais en vrai on sait bien qu’on ira juste y boire des coups, regrettant mollement de ne pas s’y être fait d’amis.
Damien Poulain
Sortie le 01 décembre 2017, chez Fire Records

Asaf Avidan – The Study of Falling
On s’est plus qu’habitué à la voix haute perchée du chansonnier israélien Asaf Avidan : c’est désormais une drogue. Après un premier album « phénomène » qui a nous fait danser (sur une remix des Mojos) sur l’idée qu’on sera tous croulants un jour, l’on est vraiment entré dans sa mélancolie avec le sublime album, Gold Shadow (2015). Une veine qu’il entaille encore plus profond dans les veines du sentiment et de la solitude avec son nouvel opus, The Study On Falling, sorti le 3 novembre chez Polydor. Après avoir goûté les roulements plus rock de la guitare électrique et l’ironie de l’extrait « (I’m coming home ») Sweet Babylone », Memphis reste au coin du souk avec des titres très blues comme « Green and Blue ». Avidan tire sur les graves et ça marche d’autant plus qu’il remonte vers son timbre nasal et sa mélancolie soprano. Si on pourrait presque s’attendre à un remixe funky et disco-esque de « A Man without a name », notre nouvelle chanson préférée demeure le premier single très cohenien « My old pain ». A entendre à Paris sur la scène de l’Olympia les 16 et 17 novembre 2017. Yaël Hirsch

Asaf Avidan, The Study of Falling, Polydor, Sortie le 3 novembre 2017, 16 euros.

Orouni feat Emma Broughton – Somewhere in Dreamland (EP)
Primé par le Inrocks Lab, Orouni aime les références littéraires et artistiques. Reprenant avec la voix de Emma Broughton 4 titres du dernier album, Grand Tour, l’EP planant et joyeux, Somewhere in Dreamland empreinte son titre à un livre de l’architecte Rem Kolhaas. Les deux premiers titres, « Speedball » et « Uca Pugilator », commencent par une intro electro entraînante avant de nous plonger dans un guitare-voix irrésistible.  Somewhere in Dreamland nous emmène vers une île magique où le ciel est toujours rose, où l’on trompette la victoire (« Sea Castle) et, ce même quand on célèbre le « Kalimbalism ». Yaël Hirsch

Liam Gallagher « As You Were » le premier album de Liam Gallagher revient aux fondamentaux de la britop qui a fait la gloire d’Oasis dans les 90’s.

Alors que régulièrement la rumeur spécule sur une possible réformation d’Oasis, Liam Gallagher présentent ces jours ci son nouvel opus solo. Après un deux albums sortis avec le groupe Beady Eye, l’ex-frontman Oasis revient aux fondamentaux de cette britop qui a fait sa renommée. Dès le départ au sein d’Oasis en 1992, Liam a su donner au rock cette dimension insurrectionnelle : arrogance, bagarres musclées qui faisaient la « une » des tabloïds de l’époque, rivalité médiatique avec Blur. Un phénomène copier-coller sur le mode Stones /Beatles des 60’s. Aujourd’hui l’époque Oasis semble belle et bien révolue, Noel Gallagher n’ayant à ce jour toujours aucune intention de donner suite à l’histoire. Reste donc le projet. Et là il faut bien rendre hommage au talent de Liam Gallagher qui reprend là l’histoire où Oasis l’avait laissé. Sa passion pour le rock des 60’s et des 70’s transparait sur les 12 titres de ce « As You Were ». Dès le premier « Wall of Glass » les guitares rugissent et la voix trainante de Liam étire les mots comme des élastiques comme à la grande époque d’Oasis. On adhère vraiment aux refrains énergiques de « Come Back To Me», « You Better Run ». On découvre avec plalsir « When I’m In Need » ou « Paper Crown », titres dans la lignée de John Lennon. Puissance dans ces riffs et ces mélodies tubesques que sont « Bold » et divagations psychédéliques de ce « I Get By » aux cuivres triomphants de « You Better Run », autant d’hymnes populaires qui mystifient l’Angleterre d’hier, ce côté populaire Union Jack, cette nostalgie du « c’était mieux avant ». La voix envoûtante et convaincante- identifiable entre mille- sonne magnifiquement comme un croisement hybride de John Lennon et de Johnny Rotten. Même si « As You Were » est son meilleur album depuis une décennie, la concurrence est rude à commencer par celle de son frère Noel dont l’album est annoncé prochainement. Pour se hisser aux sommets des hit parades, Liam va donc devoir s’atteler à un travail de forçat enchaîner tournées marathon et festivals aux quatre coins du globe.

Jean-Christophe Mary