AVANT-GARDE, JOUR 1 : Appollo Noir en patron, des découvertes et des surprises

31 octobre 2018 Par
Pierre Poughon
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Le Pitchfork Avant-Garde regroupe le futur de nos playlists. Durant 2 jours, 46 groupes vont se partager l’affiche sur 7 scènes différentes autour de Bastille. Programmation haute en couleur, la plupart des genres populaires sont représentés. Le plus dur était de faire un choix, voici donc le parcours confectionné par nos soins pour la journée du mardi…

Première étape pour ouvrir le bal de l’Avant-Garde, rendez-vous au Pan Piper avec Mellah. Le quintet, venu de Londres, se compose de quatre mecs et une meuf. Le chanteur/guitariste, assez perché dans son monde, nous offre de sa voix des sons poétiques et assez badants. Accompagné d’une autre guitare, d’une basse, d’un clavier et d’une batterie, le tout donne un live calme au possible, mais sans forcément endormir. L’utilisation de avec minutie des différents effets sur les guitares, ainsi qu’un looper, rend le live extrêmement bien achevé. Vraiment une bonne vibe pour un début de festival. On avait pas vraiment envie de partir mais ….

APRÈS 15 MINUTES DE MARCHE, on retrouve le quintet, encore, de Philly, USA, Hop Along au Supersonic. Personnellement, le groupe prêchait un converti. Absolument fan de leur deuxième LP, Painted Shut, le troisième flairait le tout cuit d’avance. Malgré un peu de déception du fait d’un virage un peu plus calme, ce dernier convainc carrément tout fan de rock à la touche Outre-Atlantique.
Sur scène, Frances Quinlan charismatique au possible, avec une voix rauque juste à tomber, règne en maître absolue de la scène. Au fur et à mesure de ‘avancement du set, on se rend compte que le quintet est rodé pour ce genre d’événement, sans forcément briller. Mais bon, le contexte, le fait d’un set assez court, peut expliquer ce manque, certainement inexistant lors d’un « vrai » concert du groupe.

Pas le temps de finir qu’on se dirige au Café de la Danse voir IDER. Le duo féminin est seul sur scène. Un pad (remplacé par une guitare ou une basse au besoin) et un clavier compose ce set minimaliste. De leurs voix absolument envoûtantes, les deux nous emmènent à travers leur univers prenant un peu de RnB, de Rap, de Pop, accompagné par des textes poignants. La présence scénique des londoniennes, timides mais attendrissantes, rend au live cette saveur de calme et de sérénité. On avait envie que ça dure éternellement. Mais bon, toute bonne chose a une fin. Elles seront de retour sur Paris en mars, hâte d’y être.

Petit détour par Starchild and the New Romantics, au Supersonic (vraiment très court). On retrouve un chanteur seul sur scène, chantant sur des instrus assez funk et jazz, dans le style d’un certain Prince. Le New Yorkais rend le groove de mise dans un Supersonic presque complet.

Nous voici ensuite devant le gros nom rap du jour, JPEGMAFIA, au Badaboum. Seul sur scène, sans backeur ni beatmaker, le rappeur, ex militaire (oui oui) déverse son rap engagé satirique d’une société qu’il déteste. Trump en prend pour son grade, mais pas que, personne n’est épargné. Le californien préfère passer le plus clair de son set avec la foule chauffée à blanc. Il ne remonte que pour changer d’instrus, assez noires, mais électrisant une foule de fans venue en nombre pour vivre le set à fond.

Pas le temps de finir le set qu’on est obligé de partir au Pan Piper voir Appollo Noir. Après 15 minutes de marche (grmblmblmbl), on entre pour se prendre une claque. Tout de noir vêtu, entouré de ses machines absolument incroyables, avec tous les fils qui sortent (vraiment impressionnant à voir), le mec a une présence scénique incroyable. Sa musique, torturée, stressante, est un régal incroyable. Une tuerie en live, tellement d’énergie. Les sons sont efficacement travaillés, tant au niveau rythmique qu’instrumentale. Tout en restant dans la même veine, chaque son a son identité propre, et explore les confins d’une électro noire, psyché, appeurante, mais tellement efficace.

Après encore 15 minutes de marche (on a dû couper court au set de l’auvergnat), on termine sur la fin du show de Crumb. Quatuor new-yorkais aux accents rock indé, dream pop, les voilà qui envoûtent la scène. En grande partie dû à la voix d’une chanteuse qui fait le taff, ce set pas forcément original délivre le son d’un des groupes les plus prometteurs du genre. On aimerait voir plus de leur identité dreamy, pop, chill, la frustration est là. On a hâte de les revoir sur Paris, pour la tournée de leur première album, bientôt sorti (c’est eux qui nous l’ont dit).

À demain ;)