« En rouge et blanc », les règles cosmiques de Janet Jackson

8 mars 2016 Par Antoine Couder | 0 commentaires

Dans « FeedBack » (2008), Janet Jackson parle des règles de manière positive. Elle retourne l’indisposition vers quelque chose de justement disposé, quelque chose qui donne de la force. Janet donc, vous disposez d’un pur swag aussi puissant qu’un premier jour de règle « my swag is serious/something heavy like a first day period » Et c’est ce qui vous vaut d’apparaître dans ce dossier.

Sérieusement chargée. Le texte a été composé par LaShawn Daniels, un vieux routard du métier (Jennifer Lopez, destiny’s Child) soutenu pour l’occasion par la plume plus subtile de Tasleema Yasin qui distille une ambiance un peu tendue autour de l’attraction sexuelle. Le FeedBack dont il s’agit ici est en effet une sorte de réponse toute magnétique à une stimulation érotique (« mets-moi en route et ça va exploser », Crank it up, dit le refrain ). Et on peut le comprendre; nous sommes en 2008 et Janet est au sommet de son swag. Elle a 41 ou 42 ans au moment du tournage. Elle est alors considérée comme l’une des artistes les plus sexy du monde et c’est d’ailleurs un peu ce qu’elle raconte ici. Elle vit sans doute encore de la rente du NippleGate de 2004 durant lequel elle avait accidentellement dévoilé l’un de ses seins sous les caméras du Super Bowls alors qu’elle dansait avec Justin Timberlake. Un événement considérable dans la courte histoire d’Internet et sans doute le moment où les réseaux sociaux ont pris l’importance que l’on sait, en matière de capitalisation d’audience et de recomposition de l’information.
Loi de l’attraction. Prenons d’ailleurs la chose comme une nouvelle métaphore sexuelle. « Les gars de mesure d’audience n’ont jamais rien vu de tel. Les graphiques de la réaction du public ressemblaient à un électrocardiogramme » avait alors déclaré un représentant de la chaîne Tivo. Avec ce Feedback, on comprend mieux dans quel type d’allégresse se situe alors Janet Jackson qui apparaît ici dans une combinaison ultra moulante entourée de personnages sans visage, gardien ou doublure masculine dont l’anonymat indique le caractère anecdotique. Dans ce clip qui inaugure son arrivée chez Def Jam records, la féerie fantastique et gothique bascule vite dans la symphonie licencieuse autour de ce « something heavy », ce quelque chose qui tombe lourdement au sol, le corps puissant de la femme derrière laquelle un liquide lacté se répand comme une sorte de nappage. Loi de l’attraction que l’on défie en rebondissant, en remontant vers le ciel et qui semble « régler » le corps féminin et son horloge biologique sur un mouvement véritablement cosmique (When you hear some feedback keep going take it higher). La stimulation vient directement du Créateur.
Matrice divine. Le retour des règles est ainsi le retour plus chrétien d’une créature « élue » dont « le premier jour » très chargée (heavy) redit ce qui fait la force d’une matrice à la fois sexuelle et reproductive, une totalité divine et enflammée . Il y a quelque chose d’assez Toni Morissonien dans cette exaltation des grands cycles de la vie et de la puissance de la femme noire qui marque sans doute une sorte d’acmé de la carrière de Janet. Dans les années qui suivront, en effet, le swag tournera court. Le relatif échec du disque puis la mort de son frère, l’année suivante, changeront la donne « super-sexy » dont pouvait se flatter jusqu’ici la chanteuse., Aujourd’hui âgée de 50 ans et donc définitivement sortie de cette mécanique du feedback, elle s’est finalement convertie à l’Islam et mariée à un milliardaire Qatari avec qui elle coule, semble-t-il, de jours heureux. Elle vient régulièrement à Paris, aux Puces de Saint-Ouen pour chiner des antiquités japonaises. « Elle est extrêmement sympathique » nous dit-on. Attention quand même au Feedback de son garde du corps qui, lui, reste très nerveux.

visuel : youtube


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