Dix ans après, Bertrand Cantat définitivement de retour

2 octobre 2013 Par
Bastien Stisi
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Visuel-Regarde-Droit-dans-le-soleilDix ans après le drame de Vilnius et après quelques effluves musicaux semés sur son passage comme une trainée de poudre que beaucoup auraient souhaité voir s’enflammer, Bertrand Cantat signe son grand retour sur la scène musicale hexagonale avec la parution du titre « Droit dans le Soleil ». Sans ses ex-compagnons de Noir Désir, mais accompagné du bassiste Pascal Humbert, Cantat recommence son histoire sous les traits de Détroit et sous l’égide d’un album prévu pour le 18 novembre.

Deux ultimes titres interprétés aux côtés des Noir Désir avant la séparation officielle du groupe (« Gagants Perdants », « Le Temps des Cerises »), des collaborations successives avec Eiffel, Souleymane Diamanka, Brigitte Fontaine, Shaka Ponk ou encore Amadou & Mariam, et la mise en ligne lundi du clip du morceau « Droit dans le Soleil » : il aura fallu cinq ans à Bertrand Cantat pour matérialiser définitivement son retour sur la scène rock française, et pour livrer aux fans de feu Noir Désir la résurrection tant attendue de son charismatique et polémique leader.

Changement de nom pour le projet musical de Cantat (on parlera donc désormais de Détroit), et changement de partenaire également. Pour l’élaboration de son album Horizons, qui porte déjà dans sa dénomination une symbolique lourde de sens, l’auteur de « Tostaky » et de « L’Homme Pressé » s’est appuyé sur l’expertise du bassiste Pascal Humbert (ex Passion Fodder et 16 Horsepower), producteur du tout premier album de Noir Désir en 1987 (Où veux-tu qu’je regarde ?)

Pour la composition de « Droit dans le Soleil », le duo a également reçu l’appui du metteur en scène libanais Wajdi Mouawad, qui avait déjà convié Cantat sur sa pièce le Cycle des Femmes : trois histoires de Sophocle, qui avait alors suscité la polémique en étant présentée la même année au festival d’Avignon et au Théâtre du Nouveau Monde de Montréal. Après l’intervention incendiaire de Jean-Louis Trintignant, Cantat avait d’ailleurs finalement décidé de renoncer à sa participation à la pièce.

Hanté par les spectres de son passé et par les huées d’une foule qui s’acharne déjà sur les réseaux sociaux sur le retour très médiatisé de l’artiste, ce premier extrait laisse apparaître un Cantat considérablement vieilli, la voix aussi grave et fatiguée que son visage ébouriffé par les tumultes du temps, plein d’une sobriété solennelle dans le timbre comme dans les images. Sur la digne lignée du dernier album studio de Noir Désir (le délicieusement poétique Des Visages, Des Figures, 2002), le morceau paraît empli d’un caractère biographique évident (« Tous les jours on retourne la scène/Juste fauve au milieu de l’arène/On ne renonce pas/On essaie/De regarder droit dans le soleil »), déclinaison écorchée d’une texte toujours immensément symboliste bercé par une guitare acoustique et par un violon frissonnant et émotif.

Tout en confirmant le caractère parfois autobiographique de l’album, Barclay a confirmé que la sortie du disque (18 novembre) serait suivie d’une tournée hexagonale, que l’on imagine déjà porteuse d’une polémique ascendante.

Visuel : (c) pochette de Droit dans le Soleil de Détroit