Crossroads : Clapton partage les sommets du blues pour la bonne cause

20 septembre 2016 Par Emmanuel Niddam | 0 commentaires

Eric Clapton, le septuagénaire britannique qui a traversé bien des bourrasques dans sa vie, et bien des modes éphémères musicales, publie ces jours-ci le triple album live Crossroads Revisited. Cet album, c’est l’histoire d’un mec qui est sorti de l’alcool et qui, depuis 2004, réunit ses meilleurs amis pour jouer, chanter et soutenir un centre de désintox qu’il a cofondé : Crossroads. L’émotion est au rendez-vous. La virtuosité aussi.

Après Jimmy Hendrix, il est reconnu comme le deuxième meilleur guitariste de tous les temps. Et ses amis ne sont jamais loin dans ce classement, ou dans celui des plus fins artistes de leurs armes. Le casting à l’affiche de ces trois CD, dont les enregistrements courent de 2004 à 2013, est stupéfiant : Buddy Guy, B.B. King, J.J. Cale, Carlos Santana, Jeff Beck, Steve Winwood, ZZ Top, et Jimmy Vaughan parmi d’autres.

Réunis dans ce joli coffret, produit avec la participation de Scooter Weintraub, des enregistrements en public de concerts donnés au profit du Crossroads Center à Antigua, une île perdue dans les caraïbes. C’est là qu’avec son ami Richard Conte, Clapton a fondé Crossroads en 1998, après s’être lui même battu contre ses addictions à l’alcool et à différentes drogues. Les enregistrements ne sont pas tous égaux en qualité, et quelques morceaux sont offerts « seulement » pour marquer la contribution d’artistes renommés à la bonne cause de Crossroads. Mais dans ces 40 morceaux, l’oreille passionnée a de quoi se nourrir.

Parmi les pépites, citons tout d’abord ce voyage planant que s’/nous offraient en 2004 Carlos Santana et Eric Clapton autour du morceau Drums of Passion. Cette adaptation libre de Jin-Go-Lo-Ba, signée du percussionniste nigérian Babatunde Olatunji en 1960, offre l’occasion d’une étourdissante conversation entre les deux guitar heros aux styles si différents.

Carlos Santana & Eric Clapton At Crossroads… par cyntha

Puis, pour les vrais nostalgiques, l’interprétation par Steve Winwood et Eric Clapton de Dear Mr. Fantasy est un revival revivifiant. En 1972, la chanson phare de cet artiste anglais à la voix perchée avait été enregistrée en live. Il en reste une vidéo que l’on se refile encore sous le manteau. 

Trente huit ans plus tard, les cheveux sont plus courts, l’image plus nette, mais la puissance de cette ballade libertaire est toujours là.

Le solo de guitare est simplement parfait, l’oreille plane avec les cordes pincées au ton doucement rêveur.

Enfin, last but not least, on reste surpris par ce qu’a fait, et refait encore en 2010, Eric Clapton du tube signé Bob Marley, I Shot The Sheriff. Il reste l’un des meilleurs avocats de cette musique là, cool et pleine de mystique, mais qui manque parfois de virtuosité pour celles et ceux qui ne sont pas encore saisis par la langueur. A nouveau, par une intro endiablée, Clapton démontre son talent aux confins du Jazz et du Blues. On l’entend, lui, ensuite, sa voix, son engagement, sa clarté, comme le plus rieur des tueurs de shérifs de tous les temps.

Offrez vous donc ce cadeau, c’est pour la bonne cause.

Eric Clapton And Guests, Crossroads Revisited – Selections from the Crossroads Guitar Festivals, 2016, Crossroads Concerts LLC, Rhino EC, Warmer, Burbank (CA).

Visuel  : DR


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